Qui est Mustapha Swinga, le créateur des vidéos à succès "Aji Tfham"?

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AJITFHAM
Aji-Tfham/Facebook
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ENTRETIEN - Avec plus de 80.000 abonnés sur sa chaîne Youtube, plus de 530.000 fans sur sa page Facebook et des centaines de milliers de vues par vidéo, Mustapha El Fekkak, dit Mustapha Swinga, s’est rapidement fait un nom sur la toile. En moins de deux ans, il s'est imposé comme l'un des blogueurs les plus influents -quoique discret- du Maroc.

Son histoire, c’est avant tout celle d’un jeune Marocain passionné par la conception graphique. Après deux années d’étude à l’Institut spécialisé de technologie appliquée de Sidi Maarouf (Casablanca), le podcasteur rejoint une entreprise où il occupe le poste d’administrateur réseau informatique durant deux ans. Juste le temps de se décider à jeter l'éponge pour répondre à ses pulsions artistiques, ce qu'il fera en intégrant Shems’y, l’École du cirque de Salé.

Au service de l’information constructive

Une fois le diplôme de metteur en scène en poche, Mustapha Swinga joue dans quatre spectacles, puis se lance dans une nouvelle aventure: la création de vidéos. Ainsi naît la web-série "Aji Tfham", dont l'ambition est de proposer un contenu ludique et didactique. Car Mustapha Swinga ne raisonne pas en tant que simple podcasteur: il veut s’inscrire dans une logique constructive. Les nombreux échanges, les partages et les likes qui se multiplient lui donnent raison dans sa démarche.

Cette réussite n’est pas le fruit du hasard. Ses vidéos en darija, dans lesquelles Mustapha Swinga adopte et s'approprie le langage du Marocain lambda, font mouche. Il peut par ailleurs compter sur le soutien de toute une boîte de production, mobilisée derrière ce projet. Si les débuts n'ont pas été faciles, Mustapha Swinga s'était donné pour objectif de réussir malgré des moyens très limités. Pour le HuffPost Maroc, le podcasteur revient sur les clés de cette jolie success story virale.

mustapha swinga

HuffPost Maroc: Comment est née l’idée de produire les capsules "Aji Tfham"?

Mustapha Swinga: L’idée a germé en 2015. Au départ, j’étais seul dans ce projet. J’ai constaté que de nombreuses incompréhensions planaient encore sur plusieurs sujets, qu'ils soient à caractère politique, économique, social ou environnemental. En face, aucun support n’expliquait le b.a.-ba des sujets qui suscitent le débat.

Comment définiriez-vous l’objectif de cette web série?

Le but est de simplifier au maximum les sujets d’actualité pour en faciliter la compréhension. Nous avons commencé par une vidéo sur Daesh, avant de poursuivre avec les élections et la COP22. Aujourd’hui, le projet est porté par une équipe de 15 personnes.

Vos podcasts touchent à des domaines pointus comme les élections et la réforme du régime de change. Quelles sources d’information consultez-vous pour vulgariser ces sujets?

Nos sources dépendent du dossier que nous avons entre les mains. Pour la Cop22, nous avons travaillé avec la startup Firma Fdar. Nous avons aussi sollicité des hommes politiques et des responsables communaux pour réaliser l’épisode sur les élections législatives. Des économistes nous ont aidés pour réaliser notre dernière vidéo consacrée à la réforme du régime de change. En fait, l’équipe reçoit des demandes d’intervention dès qu’elle annonce le sujet de son prochain podcast sur Facebook.

Quels sont vos sources de financement?

Nous ne bénéficions d’aucun appui financier. "Aji Tfham" n’est pas un produit à but lucratif. Tout est pris en charge par notre agence, Artcoustique. L’émission est objective et indépendante, et l’équipe veille à contrebalancer les informations.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous être confronté dans votre mission?

Il n’est pas toujours facile d’accéder à l’information. Cela a été le cas par exemple pour la vidéo sur la décentralisation. Et lorsque l’information est disponible, elle est souvent formulée en français, ce qui constitue une autre difficulté. Il reste ainsi difficile de traduire certains termes en darija.

Des projets en cours?

L’équipe planche actuellement sur la possibilité de réaliser une vidéo sur la mission de la Minurso. Objectif: vulgariser les soubassements du conflit du Sahara et le rôle des Nations unies.

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