Quand un djihadiste marocain incitait une Espagnole à commettre un attentat

Publication: Mis à jour:
ISIS FLAG
Raqqa, le 29 juin 2014. | Stringer . / Reuters
Imprimer

TERRORISME - Les conversations font froid dans le dos. Le journal catalan El Periodico a eu accès à plusieurs discussions entre un combattant marocain de Daech et une fille de confession musulmane résidant en Catalogne, échangées en 2015 sur Skype, Whatsapp ou encore Facebook.

Abdeljalil Ait El Kaid, alias Abou Chaima, est Marocain et résidait à Alicante, dans le sud-est de l'Espagne, jusqu'en 2014, avant de "tout quitter pour partir en Syrie et rejoindre les rangs de Daech". Selon le journal catalan, l'homme serait aussi impliqué dans les attentats perpétrés à Paris et Bruxelles entre 2014 et 2015.

Un lieu "rempli de civils"

Les conversations datent de juin 2015. Elles ont été interceptées sur Whatsapp par les services de renseignement catalans (Área Central de Información Exterior de los Mossos d’Esquadra). Des extraits ont été rendus publics:

convers

"Nous devons tuer des infidèles en Europe, comme ils tuent des musulmans ici (ndlr, en Syrie)", lui demande le combattant dans l'un de leurs échanges. "Tue des infidèles et tu auras la récompenses de deux martyrs, un paradis aussi vaste que les cieux et la Terre réunis", lui promet-il encore.

Dans un premier temps, l'homme voulait envoyer de l'argent à la jeune fille pour qu'elle puisse le rejoindre à Raqqa et l'épouser. Mais les projets qu'il avait pour elle ont rapidement changé lorsqu'Il lui demande de rester en Catalogne pour pouvoir commettre un attentat contre un lieu "rempli de civils".

conver

"Tire sur tout"

La conversation va encore plus loin: "Tu auras des armes et tu iras dans des lieux où il y a des rassemblements. Tire sur tout ce qui ce que tu trouveras devant toi. Tue le maximum de personnes possibles". Le combattant marocain lui demande de tirer "jusqu'à ce qu'on te tue".

Pour convaincre la jeune femme, dont l'identité n'a pas été révélée, Abou Chaima lui aurait demandé d'écouter les "prêches" d'un certain Abou Mohammad Al Adnani, ancien porte-parole, chef militaire et responsable des opérations terroristes extérieures de l'État islamique.

La jeune femme n'est finalement pas passée à l'acte. Ait El Kaid, lui, a été arrêté le 22 juin 2015 en Pologne, alors qu'il revenait de Syrie. Pour les autorités catalanes, l'homme voulait rentrer en Espagne pour commettre une attaque. Il est actuellement détenu dans une prison espagnole, rapporte la même source.

Si le pire a été évité, l'échange indique de façon claire un mode opératoire similaire à celui adopté lors des attentats de Paris. Perpétrés le 13 novembre 2015, dans la salle de concerts du Bataclan, contre plusieurs bars et restaurants de la capitale et près du Stade de France, les attentats avaient alors fait 137 morts et plus de 400 blessés.

LIRE AUSSI: