Environnement: Hamri le chiffonnier reçoit le Trophée Lalla Hasnaa

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ÉCOLOGIE - Alors que le Maroc célèbre depuis presqu'un mois son retour à l'Union africaine, on en oublierait presque l'autre évènement marquant de ces derniers mois, la COP22, et les différentes initiatives environnementales qui l'ont précédé et suivi.

Lundi 6 mars ont été remis les Trophées Lalla Hasnaa "littoral durable", décernés tous les deux ans par la fondation Mohammed VI pour la protection de l'environnement pour "récompenser les initiatives ou projets remarquables contribuant à la protection du littoral et encourageant les comportements socialement et écologiquement responsables", explique la fondation.

Parmi un des lauréats, il y a le projet porté par la compagnie d'assurance Atlanta et l'Association Bahri, "Hamri le chiffonnier". Le projet, qui a remporté un trophée dans la catégorie "responsabilité sociale et environnementale des organismes", ambitionne de "sensibiliser les citoyens à l'importance du tri des déchets à travers l'activité des 'chiffonniers', acteurs informels, mais importants dans la collecte des déchets".

Un projet pilote à Casablanca qui existe depuis quatre ans et qui a remporté, en 2015, la 2e place pour le prix "Terres de Femmes" de la fondation Yves Rocher France.

Le triporteur de Casablanca

hamri

Le visage du projet est celui de Hamri qui, selon l'association Bahri, est "un chiffonnier avec un téléphone et un agenda qui peut passer chez vous quand vous voulez". Ce dernier récoltera les déchets ménagers, triés en amont par les locataires ou les employés en entreprise, et les revendra ensuite aux organismes de recyclage.

"C'est un principe qui marche par le bouche à oreille", explique au HuffPost Maroc Saad Abid , président de l'assocation Bahri. "Une famille fait appel à Hamri, elle en parle à ses voisins, qui en parlent à d'autres et petit à petit, tout l'immeuble s'y met". Un des buts de l'association est de "formaliser et valoriser le travail des chiffonniers qui sont très importants pour le tri des déchets et le recyclage".

"Il repose sur le tri des déchets et la sensibilisation du grand public et les entreprises en vue de gérer de manière plus efficace et écologique la collecte des déchets solides" précise Saad Abid. "À Casablanca, le conseil de la ville achète du foncier pour agrandir les décharges. Avec ce projet, le tri et le recyclage sont faits avant que les déchets n'arrivent en décharge. La quantité de ces ordures diminue considérablement, ce qui économiserait beaucoup d'argent à la ville".

Aujourd'hui, Hamri fait la tournée de ses clients avec son triporteur "qui fonctionne à l'essence pour le moment mais nous comptons bientôt lui en fournir un qui marche à l'énergie électrique", précise Amal Benzakour, responsable des projets développement durable à Atlanta Assurances.

Ce dernier a aussi une assurance maladie, fournie par le porteur du projet, et c'est désormais une star du petit monde écolo marocain. Au cours de la COP22, il a rencontré la ministre déléguée chargée de l'Environnement, Hakima El Haite, et à l'issue de la remise des prix, il a même eu le droit à une photo aux côtés de la princesse Lalla Hasnaa.

photo sar lalla hasnaa

Il s'agit de la seconde édition de cet évènement, la première ayant eu lieu en 2014. À l'époque, 55 dossiers de candidature avaient été déposés. Cette année, 109 participants ont postulé soit presque le double.

Peut-on y voir un effet post COP22? "D'un côté oui, car il y a un engouement depuis cet événement pour l'environnement et le développement durable", explique au HuffPost Maroc Hassan Taleb, responsable des projets "plages propres" à la fondation Mohammed VI pour la protection de l'environnement.

"Mais nous avons aussi fait un véritable travail de communication auprès de nos partenaires pour promouvoir ce prix auprès d'associations, de collectivités, de particuliers, etc. Les personnes qui ont eu connaissance de ce prix sont par conséquent plus nombreuses qu'en 2014", ajoute-t-il.

Les trophées sont divisés en cinq catégories, "programme plage propre", "partage et cadre de vie" (valorisation des espaces publics et naturels), "protection et valorisation du patrimoine naturel", "éducation et jeunesse" et "responsabilité sociale et environnementale des organismes", et sont dédiés aux initiatives des opérateurs économiques qui ont choisi d’intégrer une démarche environnementale, sociale ou économique ayant un impact positif sur le littoral marocain. Au total, 18 prix sont remis pour ces cinq catégories de trophées.

L'éco-tourisme aussi récompensé

parc national de khnifiss

Autre lauréat de la catégorie "responsabilité sociale et environnementale des organismes", la fondation Khnifiss qui lutte pour la préservation de la lagune dans le parc national de Khnifiss, à 200 kilomètres de Laâyoune.

"C'est une lagune avec une importante biodiversité et des espèces en voies de disparition", explique Safek Aoussa, président de l'association. Selon ce dernier, "le projet à pour but de faire prendre conscience aux touristes de l'impact qu'ils peuvent avoir sur un environnement protégé".

Ainsi, le projet développe une carte de zonage éco-touristique pour situer les itinéraires des randonnées, les sites sensibles, les lieux d'arrêts, etc. "Le but est de faire en sorte que les touristes ne s'aventurent pas dans des lieux protégés et influent négativement sur l'éco système", explique ce natif de la région.

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