Sahara: Christopher Ross quittera-t-il le navire?

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CHRISTOPHER ROSS
The UN Christopher Ross attends a meeting in Rabat March 21, 2013. REUTERS/Stringer (MOROCCO - Tags: POLITICS) | Stringer . / Reuters
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SAHARA - Si l’information, relayée par le site algérien TSA, est validée, elle devrait être accueillie favorablement par la diplomatie marocaine. Selon ce média, Christopher Ross aurait notifié le secrétaire général des Nations-Unies de sa décision de démissionner de son poste de médiateur avant la fin de son mandat, prévue fin mars.

"Christopher Ross jette l’éponge. Il ne veut plus continuer à jouer le médiateur dans le conflit du Sahara, le Maroc et le Front Polisario, qui ne négocient plus depuis cinq ans", indique le site algérien TSA. La même source fait savoir que "Ross ne cache pas en privé que c’est le blocage du processus de paix par le Maroc qui l’incite à renoncer à sa tâche, même s’il n’épargne pas non plus le Polisario dans les critiques qu’il formule". Ces déclarations de l’envoyé spécial du secrétaire général des Nations Unies ont un relent de règlement de comptes, après que son impartialité ait été pointée par Rabat à plusieurs reprises.

Des relations tendues

Ross ne souhaiterait pas rempiler pour un deuxième mandat. Interrogées par le HuffPost Maroc, des sources proches de la diplomatie marocaine indiquent que Rabat n’a "pas encore reçu de confirmation quant à un éventuel départ de l’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU". Pour autant, certains ne cachent pas leur satisfaction à l'égard de ce "départ". Christopher Ross est considéré comme une partie du problème, plutôt qu’un facilitateur de négociations.

Rabat a souvent fustigé son parti-pris dans le processus de négociations. En 2012, Ross a été désavoué par Rabat, qui avait même revendiqué son remplacement. "Au lieu de respecter son devoir de neutralité, Ross a causé beaucoup de problèmes au Maroc, en manipulant notamment l’ancien secrétaire général de l’ONU, Banki-Moon, qui avait traité le Maroc d’occupant", déplore Tajeddine El Housseini, professeur de droit international.

Le débat sur la nationalité du futur médiateur relancé

Le départ de Christopher Ross sera l’occasion pour Rabat de remettre sur la table sa préférence pour un envoyé spécial qui ne serait pas américain. Mais pour Tajeddine El Housseini, le problème n’est pas tant la nationalité du futur médiateur. "Il est plus urgent de déposer auprès du Conseil de sécurité une plainte faisant état d’une menace contre la paix. Le Maroc pourrait s’appuyer sur le soutien de ses pays amis", dit-il.

En effet, la tension est montée d’un cran depuis que le Maroc a intensifié ses opérations de lutte contre les mafias de la contrebande et de la drogue qui prospèrent à Guergarate. Sur recommandation du secrétaire général des Nations-Unies, Antonio Guterres, le Maroc a annoncé, le 26 février, le retrait unilatéral et immédiat de ses forces dans la zone.

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