La famille Tamalt dépose plainte contre le ministre de la Justice Tayeb Louh

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MOHAMED TAMALT
Relatives and friends carry the body of British-Algerian journalist Mohamed Tamalt during his funeral, on December 12, 2016 in Algiers.Mohamed Tamalt died on December 11, 2016 after having staged a hunger strike to protest a two-year jail term for offending Algeria's president in a poem posted online, his lawyer said. / AFP / RYAD KRAMDI (Photo credit should read RYAD KRAMDI/AFP/Getty Images) | AFP via Getty Images
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La famille du défunt journaliste Mohamed Tamalt, mort en détention en décembre 2016 suite à une grève de la faim, a déposé plainte contre le ministre de la Justice Tayeb Louh, selon leur avocat M. Bachir Mechri, relayé ce dimanche 05 mars 2017 par le quotidien francophone El Watan.

Me Mechri a demandé au Procureur du tribunal de Sidi M'Hamed à Alger l'ouverture d'une enquête pénale contre "un membre du gouvernement, Tayeb Louh, considéré au vu de la loi comme un haut fonctionnaire pénalement et directement responsable des délits et crimes commis" contre Mohamed Tamalt.

Dans sa requête, il affirme que le ministre de la Justice était "au courant" et c'est "avec son accord que le défunt journaliste qui se trouvait en prison" était objet de ces délits. Il rajoute que cet état de lieux a "engendré des douleurs atroces morales et physiques ayant conduit à sa mort".

Le même avocat, toujours relayé par El Watan, reproche également dans sa requête au ministre de la Justice, "pénalement responsable de la gestion des instances judiciaires", rappelle-t-il, son "inertie" face aux "actes de tortures" dont faisait l'objet M. Tamalt.

Il cite pour appuyer ces accusations les articles 182 du code pénal et l'article 263 bis. Celui-ci stipule qu'"Est puni d’une peine de 5 à 10 ans de prison ferme tout responsable qui accepte ou se tait sur des faits de torture, c’est-à-dire qui engendrent des douleurs et des dommages moraux et physiques", souligne-t-il.

Me. Bachir Mechri réitère que M. Tayeb Louh était au courant des "multiples tortures" dont a fait l'objet Mohamed Tamalt durant sa détention, entraînant selon la même source sa mort en prison. "Il savait aussi que le défunt s’était plaint publiquement lors de ses procès de nombreuses violations de la loi et des actes de torture dont il faisait l’objet", a-t-il dit, relayé par le même quotidien francophone.

"Par son silence, le ministre a accepté ces actes et refusé de porter secours au journaliste", a-t-il rajouté.

"Aucune réponse"

La requête formulée auprès du procureur du tribunal de Sidi M’hamed sera transmise au Procureur général près la cour d’Alger, pour être déposée par la suite sur le bureau du procureur général près la Cour suprême puisque Tayeb Louh est "un haut fonctionnaire qui bénéficie du privilège de juridiction".

Toutefois, M. Bachir Mechri affirme n'avoir reçu aucune réponse, une semaine après avoir déposé cette plainte contre le ministre de la Justice.

Mohamed Tamalt avait été accusé d'avoir porté atteintes aux symboles de l'Etat et au président Bouteflika, dans des publications partagées sur les réseaux sociaux, dont sa page Facebook. Il avait été condamné à 2 ans de prison assortie d'une amende de 200.000 Da.

La Direction générale de l'administration pénitentiaire a expliqué que le journaliste a succombé durant sa détention à une "infection pulmonaire", après avoir affirmé qu'il était "ausculté chaque jour par le médecin de l'établissement" suite à sa grève de la faim. Ses proches affirmaient, quant à eux, que Mohamed Tamalt a été maltraité durant sa détention.

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