Daech: les Marocains parmi les djihadistes étrangers qui commettent le plus d'attaques suicides

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ISLAMIC STATE BOMBING SYRIA
Double attentat suicide en Syrie revendiqué par Daech, 1er novembre 2016 | Rodi Said / Reuters
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TERRORISME - Les zones du Moyen-Orient contrôlées par Daech sont le terrain quotidien d'opérations kamikazes, principalement perpétrées par des djihadistes locaux contre des militaires, mais aussi par des ressortissants étrangers.

C'est ce qui ressort d'un rapport publié en février par le Centre international de lutte contre le terrorisme (ICCT), qui a recensé 923 attaques suicides entre le 1er décembre 2015 et le 30 novembre 2016. Ces chiffres proviennent des différents médias provinciaux de l'organisation terroriste.

"Dans la majorité des cas, la vérification de ces attaques est impossible. La plupart des 923 opérations déclarées par les médias provinciaux se sont produites dans des régions où aucun journaliste n'est présent", précise le rapport. "Cela dit, dans bien des cas, il est possible de corroborer les données de Daech en les comparant à d'autres sources".

Selon le think tank basé aux Pays-Bas, près des trois quarts de ces attentats suicides revendiqués ont été opérés par des djihadistes locaux, 20% sont commis par des combattants étrangers et 6% ne sont pas identifiés.

Les Tadjiks sont les kamikazes d'origine étrangère les plus nombreux: 27 d'entre eux ont commis des attentats suicides. Les Marocains et les Saoudiens arrivent en deuxième position avec chacun 17 ressortissants kamikazes recensés entre 2015 et 2016. Ils sont suivis par les Tunisiens (14), les Russes (13), les Egyptiens (11), les Palestiniens (9) et les Iraniens (7), les Chinois (7) et les Libyens (4).

La majorité des attaques ont lieu en Irak et en Syrie

Deux tiers de ces attaques ont eu lieu en Irak et 24% en Syrie. Un peu plus de 5% ont été perpétrées à la frontière entre les deux pays. Près de la moitié des attaques kamikazes en Syrie ont été effectuées dans la région d'Alep.

Les autres attentats suicides ont été principalement commis en Libye, au Yémen, au Khorassan (nord-est de l'Iran), au Bangladesh, en Egypte et au Nigéria.

D'après les dernières statistiques du Bureau central d'investigations judiciaires (BCIJ), environ 870 djihadistes marocains seraient toujours présents en Syrie et en Irak dans les rangs de Daech, soit environ la moitié de ceux recensés en 2012.

Une baisse qui s'explique par la mort de plus de 500 d'entre eux sur les champs de bataille ou lors d'attaques kamikazes, et le retour au Maroc d'un peu plus de 200 combattants.

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