Raymond Kopa est mort, la légende du football français est décédée à 85 ans

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RAYMOND KOPA
Raymond Kopa is a former French footballer Photographed in PARIS (Photo by Eric Fougere/VIP Images/Corbis via Getty Images) | Eric Fougere via Getty Images
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Le Courrier de l'Ouest l'annonce ce vendredi 3 mars. Raymond Kopa, légende du football français, est mort "ce matin à 8 heures à Angers", où il était hospitalisé depuis dimanche, des suites d'une longue maladie. Ce sont ses proches qui l'ont indiqué au quotidien régional, le confirmant ensuite à l'AFP.

Ballon d'Or en 1958, bien avant ses compatriotes Michel Platini, Jean-Pierre Papin et Zinedine Zidane, Raymond Kopa fut une icône de l'équipe de France dont il reste l'un des meilleurs buteurs. Le milieu offensif d'origine polonaise - de son vrai nom Raymond Kopaszewski - avait commencé sa carrière dans le club de sa ville natale, l'US Nœux-les-Mines (Pas-de-Calais).

Raymon Kopa a ensuite fait les beaux jours du SCO Angers, puis connu la gloire nationale et internationale avec le Stade de Reims et le Real Madrid. À son palmarès, trois Coupes des clubs champions européens (ancêtre de la Ligue des champions), deux championnats d'Espagne et quatre de France.

Le Stade de Reims "en deuil"

Sur Twitter, les réactions attristées et hommages n'ont pas tardé, que ce soit chez les politiques ou évidemment dans le monde du football.




Le "Napoléon" du Real Madrid

"J'ai été le premier joueur français à quitter le pays. A l'époque beaucoup de gens m'ont pris pour un traître. J'avais juste le tort d'être un précurseur", disait le joueur au sujet de son "exil". Modeste, Kopa omettait d'ajouter qu'il avait surtout le mérite d'être talentueux comme peu l'étaient en 1956, lorsque le Real Madrid, séduit par ses dribbles redoutables et sa vision du jeu hors pair, le chipa à Reims.

Deux matches suffirent à convaincre Santiago Bernabeu, légendaire patron de la Maison Blanche, de recruter le milieu offensif. La finale de la Coupe d'Europe des clubs champions (ancêtre de la Ligue des champions), remportée par le Real aux dépens de Reims (4-3) porté par un Kopa étincelant. Et, un an plus tôt, un France-Espagne amical (2-1), illuminé par celui qui gagne alors son surnom de "Napoléon".

Un sobriquet émanant d'un journaliste anglais du Daily Express, Desmond Hackett, frappé par le charisme du meneur d'homme, son intelligence tactique et, plus prosaïquement, par sa petite taille (1,68 m). Ce petit gabarit qui faillit l'empêcher d'entamer une carrière professionnelle.




En trois saisons au Real, l'homme à la raie sur le côté et aux sourcils plongeants compose avec l'Espagnol d'origine argentine Alfredo Di Stefano et le Hongrois Ferenc Puskas - qu'il idolâtre -, le trio d'attaque le plus redoutable d'Europe.

Légendaire complicité avec Just Fontaine

A l'été 1959, revenu à Reims, son club de coeur, il retrouve Just Fontaine, son frère d'arme, avec lequel il a écrit un an plus tôt la plus belle page de l'équipe de France de l'époque.

Au Mondial-1958 en Suède, leurs exploits conjugués ont conduit les Bleus à la troisième place. Seul le Brésil d'un gamin nommé Pelé s'est montré plus fort en demi-finale (5-2). Mais à défaut de sacre, Kopa fut désigné meilleur joueur du tournoi que Fontaine a fini avec 13 buts inscrits (record en cours). Il reçut aussi cette année-là le prestigieux Ballon d'Or.

"Sur le terrain, ça a été un coup de foudre immédiat. On s'est trouvé de suite", racontera plus tard Fontaine avec lequel Kopa mena plus d'une bataille contre les instances du foot français, aux premières heures de l'UNFP (syndicat des joueurs pros), pour instaurer les contrats ne liant plus à vie le joueur et le club.

Réagissant à sa mort ce vendredi, Juste Fontaine l'a comparé à "un frère aîné". "En 58 (au Mondial, ndlr), on partageait la même chambre, on passait des nuits à parler foot", a déclaré l'attaquant à l'AFP. "Raymond avait du caractère, moi aussi et ça a fait un duo magique. C'était la première légende du foot français", a-t-il ajouté.

"Il dribblait et moi je marquais. C'était un dribbleur et tant qu'il n'avait pas fini, il ne donnait pas sa passe. Et j'étais toujours là quand il la faisait", a encore dit Fontaine, "bouleversé" par la disparition de Kopa.

Une formidable longévité

Premier joueur français à s'être adonné à la publicité - dont une, étonnante, vantait les mérites d'une marque de cigarette -, Kopa mit un terme à sa carrière en 1967, après deux titres de champion de France supplémentaires remportés avec Reims.

Jamais bien loin de l'ami Fontaine, devenu entraîneur du Paris SG en 1973, il accepte cette année-là de disputer un match de préparation face à Saumur et marque trois buts. Il a 42 ans. Le PSG lui propose de sortir de la retraite, en vain.

Kopa continua de jouer en amateur, jusqu'à ses 70 ans. Il fallut une ostéotomie (section d'un os), à la jambe droite cette fois, pour briser sa formidable longévité.

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