À la découverte de Safé et Mayssa, deux Tunisiennes qui ont traversé une partie du sud de la Tunisie à vélo (PHOTOS)

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Safé Hamlaoui
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Safé Hamlaoui et Mayssa Sandil ne sont plus à présenter. Leurs photos inondent les réseaux sociaux, et pour cause. Pendant 10 jours elle ont traversé une partie du sud tunisien à vélos, seules, livrées à elles-mêmes.

Le HuffPost Tunisie est allé à la rencontre de Safé et Mayssa, dont le courage n'a d'égal que la bonne humeur.

"10 jours de bonheur"

Pendant 10 jours, Mayssa et Safé ont fait Gabès - Matmata - Gabès: "On a pris le train de Tunis à Gabès. Puis on est parties de Gabès pour aller à Matmata (...) puis on est allées à Tamezret, Ksar Ghilane, Bir Soltane, Zammour (...) puis on est parties à Toujane et de là on est rentrées à Gabès", ont-elle indiqué.

Pourtant les filles ne sont pas à leur premier essai: "On fait souvent du cylco-tourisme, ce n'est pas la première fois. On est déjà parties dans des trips à vélo mais c'était avec des groupes, dans le nord-ouest" affirme Safé avant d'ajouter: "Le sud, on ne le connaissait pas, on a voulu le découvrir entre filles (...) et en plus montrer à nos parents qu'on était capables de le faire seules".

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Souvenirs, souvenirs

Avant d'entamer leur parcours, plusieurs personnes ont tenté de les en dissuader: "Plusieurs personnes ont voulu nous faire peur en nous disant que le sud n'est pas sécurisé, que la Tunisie entière n'était pas sécurisée, que l'on pouvait avoir des problèmes, que c'était un vrai risque. Mais nous n'avions pas peur", raconte Mayssa.

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"Pendant tout le parcours, pendant 10 jours, on n'a eu peur à aucun moment. Franchement, il nous est arrivé de pédaler pendant 40 kilomètres sans rien aux alentours, personne ne nous a importunées et nous n'avons vécu aucune mésaventure" rapportent Safé et Mayssa.

Des souvenirs pleins la tête, les deux jeunes filles en retiennent deux principalement même si "durant tout le road-trip, il n'y a eu que de bons souvenirs".

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Pour Safé, c'était "le jour où on a campé à Bir Soltane. On est passées par une source d'eau chaude thermale en plein désert le matin, et on voulait s'y baigner, mais comme il y avait beaucoup d'hommes, on ne pouvait pas. Le soir au campement, je me suis retournée vers Mayssa et lui ai dit qu'on ne pouvait pas ne pas le faire. Vers 22 heures, on a pris nos vélos, on est parties 28 kilomètres plus loin et on s'y est baignées".

"C'était quelque chose d'énorme, d'abord parce qu'il faisait très froid à l'extérieur et tu te retrouves d'un coup dans une eau chaude à près de 30 degrés Celsius. En plus, le ciel était plein d'étoiles. On regardait les étoiles filantes et on se disait que ce n'était pas possible, que c'est un rêve, que ça ne peut pas être réel" raconte-t-elle.

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Pour Mayssa, ce qui l'aura le plus marquée aura été Toujane: "On n'est arrivées à Toujane que difficilement car ça se trouve en haut d'une montagne, au bout d'une pente et on a pédalé dans des conditions extrêmes" déclare-t-elle avant d'ajouter: "Mais quand on y est arrivées, on a été éblouies par la beauté du paysage.

"Puis nous avons vu des personnes au sommet de la montagne, et nous n'avons pas su comment aller vers eux. On s'était perdues dans la montagne. Notre objectif était d'arriver au sommet. Alors on a fait de l'escalade, tout Toujane nous regardait pendant qu'on escaladait la montagne. Au fait il y avait un sentier qui menait en haut, mais on ne l'avait pas vu. Quand on est arrivées au sommet, les gens nous ont accueillies avec plein d'entrain et de bienveillance" se souvient Mayssa.

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Par contre les filles partagent en commun leur pire souvenir de ce road-trip: "le chemin Bir Soltane-Zammour" clament-elles à l'unisson.

"C'était 19 kilomètres de piste. Les vélos étaient difficilement contrôlables, surtout qu'ils n'étaient pas faits pour les pistes. En plus il y avait un vent qui soufflait extrêmement fort. On n'a terminé les 19 kilomètres qu'après 3h30. On était mortes à la fin", indique Mayssa.

"Il y avait tellement de vent qu'on a fait 3 kilomètres en une heure. On a fait du surplace. En plus, le vent était un vent sableux, on était toutes recouvertes de sable, c'était affreux" renchérit Safé.

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Les deux jeunes filles affirment avoir vécu une expérience extraordinaire: "c'était une expérience humaine géniale. Ce que nous avons vécu, je le souhaite à tous les Tunisiens. Il faut le faire pour découvrir la réalité du sud et des gens du sud, qui sont chaleureux, accueillants, bienveillants" indique Mayssa.

"Pour ma part, en plus des incroyables paysages, le plus important a été l'expérience humaine. On n'a fait que de belles rencontres pendant les 300 kilomètres. Les gens pensent que j'en rajoute mais j'ai été moi-même surprise. Pendant 10 jours on n'a entendu aucune insulte, personne ne nous a importunées, personne ne nous a dérangées, et ça c'était extraordinaire" renchérit Safé avant de conclure: "Tous les gens qu'on a rencontrés durant notre parcours nous ont encouragées. Même les voitures qu'on a rencontrées sur la route, klaxonnaient et nous souhaitaient bon courage. Certains s'arrêtaient même pour nous donner de l'eau et des réserves".

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