L'ingénieur français accusé de terrorisme au Maroc sera fixé sur son sort le 8 mars

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THOMAS GALLAY
Human Rights Watch
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JUSTICE - Le sort de l'ingénieur français Thomas Gallay, déjà condamné en première instance pour "soutien financier à des personnes en vue de commettre de actes terroristes" et "organisation de réunions non autorisées", sera connu, le 8 mars prochain. C'est ce qu'a annoncé son avocat Me Frank Berton, après une audience mercredi 1er mars, devant la cour d'appel de Salé.

Rappel des faits

À son arrivée à Essaouira en 2014, Thomas Gallay rencontre Malainine Lassir, un agent immobilier qui l'aide à s'installer dans sa nouvelle ville. Ce dernier va alors se nouer d'amitié avec l'ingénieur français. Jusqu'à lui demander quelques services financiers. En tout et pour tout, Thomas Gallay aurait prêté à son ami 700 dirhams. Une somme qui est aujourd'hui assimilée à du financement d'activités terroristes.

Le 18 février 2016, dans le cadre d'un coup de filet anti-terroriste dans plusieurs villes, le bureau central d'investigation judiciaire (BCIJ) perquisitionne le domicile de Thomas Gallay, à Essaouira. Dans son ordinateur, des vidéos faisant l'apologie d'actes terroristes sont retrouvées. L'ingénieur français est alors placé en garde à vue une douzaine de jours, avant que le BCIJ ne saisisse le juge d'instruction. Transféré à la prison de Salé, il y purge actuellement une peine de six ans de prison, prononcée à son encontre le 14 juillet dernier. Depuis ce jour, le camp de l'accusé ne cesse de clamer son innocence.

Un appel à l'aide entendu par les ONG internationales

En octobre 2016, Amnesty International, Human Rights Watch, et la Fédération Internationale des Droits de l'Homme ont interpellé Abdelilah Benkirane et son ministre de la Justice et des Libertés Mustapha Ramid sur le cas Gallay. Les ONG des droits de l'homme se disaient "vivement préoccupées par la question de la pertinence des preuves sur la base desquelles la Cour a prononcé la culpabilité de Thomas Gallay."

Les trois associations ont lancé une pétition, qui a déjà recueilli plus de 15.000 signatures. L'ex-ministre française de la Justice, Christiane Taubira, a publiquement pris la défense du détenu français. Au micro de France Info le 1er février dernier, elle affirmait en outre que "les reports d'audiences constituent de la maltraitance judiciaire. Sans commettre ni ingérence judiciaire, ni impair diplomatique, il est possible pour les autorités françaises de demander que ce jeune homme dispose d'un procès équitable."

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