Parité en entreprise : 30 milliards de dollars à gagner

Publication: Mis à jour:
GENDER EQUALITY
ChristianChan
Imprimer

OPPORTUNITÉ - Le chiffre annoncé par les intervenants à une rencontre de représentants d'entreprises françaises et marocaines ne laisse pas de marbre. Le PIB marocain pourrait augmenter de 30 milliards de dollars à l'horizon 2025 si la mixité est renforcée dans le monde des entreprises.

L’enjeu dépasse le simple défi social, souligne Sandra Sancier –Sultant, directrice associé chez McKinsey. Selon elle, "la mixité doit être pensée comme un projet de transformation systémique de l’entreprise". Surtout que la rentabilité des femmes n’est plus à démontrer. Les entreprises avec une meilleure mixité au conseil d’administration affichent de meilleures performances financières, affirme Emmanuelle Gagliardi, co-fondatrice de l’agence de conseil Connecting Women.

Fonction support

Au Maroc, la gent féminine reste sous-représentée à tous les niveaux de l’entreprise. À peine 2% des PDG sont de sexe féminin. Les femmes restent majoritairement cantonnées à des fonctions-support dans les entreprises (56% des cadres dirigeants).

Le nouveau rapport Women matter Africa, réalisé par McKinsey, a identifié trois leviers d’intervention prioritaire pour améliorer la présence des femmes aux postes de responsabilité. Ils ciblent d’abord le renforcement du taux d’activité des femmes, qui ne dépasse pas 25%. Ensuite, l’accroissement de leur effectif dans les secteurs productifs.

Le dernier levier tient à lutter contre le travail à temps partiel. La représentante de McKinsey affirme que le par-time joue en défaveur de la promotion des femmes. Emmanuelle Gagliardi de l’agence de conseil Connecting Women ne voit pas les choses du même œil. Pour elle, le défi n’est pas d’attirer les femmes vers les postes de responsabilité, encore faut-il les conserver.

Pour cela, les entreprises sont appelées à revoir leurs pratiques de gestion des ressources humaines. Objectif : "introduire plus de flexibilité du temps du travail", dit-elle. Emanuelle Gagliardi propose également le recours au télétravail.

LIRE AUSSI: