LafargeHolcim reconnaît avoir conclu des arrangements "inacceptables" avec des groupes armés en Syrie

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LafargeHolcim avoue avoir conclu des arrangements avec des groupes armés en Syrie | Christian Hartmann / Reuters
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INTERNATIONAL - Le leader suisse des matériaux de construction LafargeHolcim a reconnu, jeudi 2 mars, avoir conclu des arrangements "inacceptables" avec certains groupes armés pour maintenir l’activité d’une cimenterie en Syrie entre 2013 et 2014, en pleine guerre civile.

La filiale locale qui appartenait alors au français Lafarge "a remis des fonds à des tierces parties afin de trouver des arrangements avec un certain nombre de ces groupes armés", a expliqué le groupe dans un communiqué. Une enquête interne, a-t-il ajouté, "n’a pas pu établir avec certitude quels étaient les destinataires ultimes des fonds au-delà des tierces parties concernées".

"Les responsables des opérations en Syrie semblent avoir agi d’une façon dont ils pensaient qu’elle était dans le meilleur intérêt de l’entreprise et de ses employés. Néanmoins, l’enquête révèle des erreurs de jugement significatives en contradiction avec le code de conduite alors en vigueur", poursuit le groupe.

La justice française a été saisie de l'affaire en janvier pour examiner si des infractions ont pu être commises par la société en faisant fonctionner son usine en Syrie, malgré des interdictions européennes.

Le parquet avait ouvert une enquête préliminaire sur la base de cette plainte en octobre. Le fonctionnement de la cimenterie de Jalabiya, dans le nord de la Syrie, sous la responsabilité d'une filiale locale de Lafarge, faisait alors déjà polémique, après les révélations l'an dernier par Le Monde de possibles arrangements avec l'organisation terroriste Daech.

Selon le quotidien français, entre 2013 et 2014, la présence de Daech dans la région "a contraint la cimenterie à négocier des droits de passage aux checkpoints tenus par les djihadistes pour ses camions" et à se fournir en pétrole aux négociants dont les champs étaient contrôlés par l'organisation terroriste.

Plusieurs ONG et le ministère français de l'Économie avaient porté plainte contre le cimentier suite à ces révélations.

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