La moitié des Canadiens juge que le nombre de nouveaux arrivants est approprié

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MIGRANT CANADA
Syrian refugees Kevork Jamgochian holds his daughter Madlin at the St. Mary Armenian Apostolic Church during a welcome serivice at the Armenian Community Centre of Toronto in Toronto, December 11, 2015. REUTERS/Mark Blinch | Mark Blinch / Reuters
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Le sondage annuel du gouvernement fédéral sur les attitudes envers l'immigration laisse croire que la moitié des Canadiens estiment que le pays accueille le nombre approprié de nouveaux arrivants.

Toutefois, seulement environ 40 pour cent des personnes interrogées ont l'impression qu'un nombre approprié de réfugiés sont accueillis au pays, et 30 pour cent estiment qu'ils sont trop nombreux.

Ce coup de sonde a été fait bien avant que les politiques relatives à l'immigration et à l'accueil de réfugiés en viennent à devenir un point central de la récente campagne présidentielle américaine. La question des valeurs que doivent partager les nouveaux arrivants qui choisissent le Canada comme terre d'accueil n'avait pas encore fait surface dans la course à la direction du Parti conservateur du Canada.

Si les nouveaux chiffres mis de l'avant ne reflètent peut-être pas les perceptions actuelles de la population canadienne en fonction des plus récents développements dans l'actualité, ils parviennent à répondre à la grande question qui était d'emblée posée par Ottawa, estime le vice-président de l'Association d'études canadiennes.

"Je pense que le gouvernement tente de mesurer l'enjeu de la quantité de personnes qui sont préoccupées par l'augmentation de réfugiés, qui survient dans beaucoup d'endroits dans le monde", a noté Jack Jedwab, qui est également celui qui codirigera une conférence à venir portant sur l'inclusion et l'immigration.

Les résultats rendus publics mercredi laissent entendre que les perceptions des Canadiens varient en fonction des différentes catégories d'immigration. Ces différences ne sont toutefois pas substantielles, juge M. Jedwab.

"En ce moment, nous voyons, globalement, un effort de la part des responsables élus de tenter d'établir ces distinctions, (soit que les) réfugiés (sont) mauvais (et que les) immigrants économiques sont bons. La distinction est faite aux États-Unis à certains égards", a-t-il fait valoir.

Cette rhétorique ne trouve toutefois pas d'écho de ce côté-ci de la frontière, assure M. Jedwab.

Le sondage de 2016 a été mené auprès de 1598 Canadiens entre le 11 et le 31 août. L'exercice comporte une marge d'erreur de 2,45 points de pourcentage, 19 fois sur 20.

Le gouvernement fédéral a procédé à son coup de sonde avant que les nouveaux seuils d'immigration envisagés soient annoncés en octobre. Ottawa n'avait par ailleurs pas reçu le rapport d'un comité-conseil en matière d'économie recommandant une hausse massive du nombre d'immigrants accueillis au pays.

Le ministère de l'Immigration sonde chaque année les Canadiens sur leurs attitudes dans le cadre de la détermination des seuils d'immigration.

Les questions ne sont pas les mêmes d'une année à l'autre. Par exemple, l'enquête en 2015 s'attardait à la promesse du gouvernement d'accueillir 25 000 réfugiés syriens, tandis que le sondage de 2016 a porté plus largement sur la responsabilité du Canada dans le monde à l'égard des demandeurs d'asile.

La comparaison des résultats d'une année à l'autre laisse croire que les perceptions ont changé: bien que 52 pour cent des personnes interrogées en 2016 estimaient que le gouvernement accueillait un nombre approprié d'immigrants, ce résultat est en baisse par rapport au niveau de 58 pour cent enregistré l'année précédente.

Le sondage de 2016 souligne par ailleurs que 46 pour cent des répondants ont l'impression que les réfugiés ont un impact positif sur l'économie canadienne, ce qui équivaut à une hausse de 41 pour cent par rapport à l'année précédente.

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