Trois questions à Hichem Ben Ahmed, secrétaire d'État aux Transports: "Le RFR Tunis verra le jour en 2018"

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Facebook/Hichem Ben Ahmed
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Le secrétaire d’État aux Transports, Hichem Ben Ahmed, a répondu aux questions du HuffPost Tunisie relatives au nouveau projet de l'aéroport Tunis-Carthage et au projet du réseau ferroviaire rapide (RFR) du Grand Tunis. Selon le secrétaire d’État, ces deux grands projets seraient sur le point de voir le jour. Interview.

HuffPost Tunisie: Où en sont les discussions sur le nouvel aéroport? Et vers quel scénario on va?

Hichem Ben Ahmed: Une étude financière et technique sera achevée d’ici quelques jours et elle nous permettra d’avoir plus de visibilité sur la question. Toutefois, nous avons déjà trois scénarios envisageables: la première possibilité c’est de garder l’aéroport Tunis-Carthage en le retapant et en l’agrandissant.

Le deuxième choix est d’aller vers la création d’un nouvel aéroport complémentaire à celui de Tunis-Carthage et pour la troisième option, c’est la création d’un nouvel aéroport qui soit dans une logique de zone de logistique, de zone de services etc.

Pour cette troisième option, nous avons décidé qu’un éventuel nouvel aéroport ne doit pas être trop loin de la capitale dans la mesure où il n’en sera loin que de 20 ou 30 kilomètres. On sera dans une logique d’aéroport de cité en quelque sorte.

Où en est le projet du réseau ferroviaire rapide (RFR) du Grand Tunis? On parle d'une entrée en exploitation en octobre 2018, est-ce réalisable?

Très réalisable même! Ce projet représente l’un de nos objectifs prioritaires et nous faisons tout pour que cela se réalise.

Le projet était bloqué sur plusieurs points mais nous sommes en train de relever le challenge et il sera réalisé. Le RFR Tunis verra le jour avec un système de billetterie multimodale: une billetterie unique par rapport aux différents moyens de transport utilisés.

Cela veut dire que lorsque vous achetez un billet pour le métro, vous n’êtes pas, par la suite, obligé d’en acheter un autre pour le bus. Il y aura un système de compensation entre les entreprises concernées et un système de billetterie unique.

Ce système ne faisait pas partie du projet initial et nous sommes en train de travailler dessus pour qu’il se concrétise. Cela va nous permettre de synchroniser tous les moyens de transport y compris les trains de grandes distances.

Par ailleurs, et toujours pour Tunis, on va créer une boucle centrale, qui sera située à la place Barcelone, qui sera multimodale; vous aurez les différents moyens de transport qui arrivent de partout et vous pourrez prendre la destination qui vous convient à partir de cette place-là.

Le parc automobile tunisien s'agrandit de jour en jour. De longs bouchons sont observés partout dans le pays et particulièrement sur le grand Tunis. Cela contribue à faire de Tunis une ville engorgée en plus d'être extrêmement polluée. Cela est principalement dû à un réseau de transports en commun qui ne dessert pas convenablement.

Existe-il une réflexion au sein du ministère ou peut-être même au sein du gouvernement pour réfléchir à une stratégie pour aider les Tunisiens à se défaire de leurs voitures?

Il n’existe pas de réflexion, nous avons une stratégie claire.

En 1978, on était à 30% de moyens de transports privés contre 70% de moyens de transports en commun, aujourd’hui, ces chiffres se sont inversés et cela n’est pas admissible. Nous avons un système qui est défaillant au niveau des services, nous avons une flotte âgée cela sans oublier le problème de sécurité que rencontrent certains et qui les dissuadent d’utiliser les moyens de transport en commun.

Actuellement, nous sommes en train de fabriquer 1800 nouveaux bus; en 2010, on était à 4000 bus, aujourd’hui,nous en sommes à 2900. Avec cette régression de la flotte et l’augmentation de la population, il faut imaginer un peu les conséquences.

À partir du mois prochain, les entreprises concernées commenceront à avoir les nouveaux bus petit à petit. Nous avons acquis des bus d’occasion qui ne le sont pas vraiment puisqu’ils ont été retapés par l’entreprise mère qui est une entreprise publique française.

Notre stratégie c’est acheter du neuf mais on devait, entretemps, trouver une alternative.

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