Les crédits immobiliers reprennent des couleurs

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LOGEMENT - Les banques ont desserré le robinet du crédit. Après avoir connu une léthargie en 2016, le crédit bancaire a grimpé de 4,4% en janvier dernier. À l’origine, la hausse de 3,8% des prêts immobiliers avec une atténuation de la baisse des concours à la promotion immobilière à 0,9% après 3,7%. Ces statistiques de Bank Al-Maghrib montrent surtout que la baisse des taux de crédits, résultats de la baisse du taux directeur, a bien porté ses fruits. En effet, les taux appliqués actuellement, ne dépassant pas la barre des 5% chez la plupart des établissements de crédits, ont en partie permis de compenser la baisse enregistrée l’an dernier.

Ce sont surtout les particuliers qui ont profité de ces taux compétitifs. Preuve en est l’accroissement de 5,2% des crédits à l’habitat, au moment où les prêts accordés aux promoteurs immobiliers ont légèrement reculé de 0,9% en janvier dernier. Pourtant, les banquiers, qui s’attendaient d’ailleurs à cette reprise, tablaient surtout sur les professionnels, notamment ceux opérant dans le cadre du nouveau statut de l’auto-entrepreneur.

De moins en moins de transactions

La faute à la demande ou à l’offre? Un promoteur immobilier explique que les professionnels du secteur veulent d’abord liquider les stocks avant de contracter de nouveaux crédits. Les statistiques indiquent d’ailleurs un repli de 1,2% du volume global des transactions, sachant qu’aucun type de bien immobilier n’échappe à cette tendance baissière. En effet, la baisse est de 5,5% sur les acquisitions de maisons, 4,7% sur les villas et 0,8% pour les appartements. Le marché du ciment, principal indicateur du secteur immobilier, a d'ailleurs subi cette mauvaise conjoncture, avec une baisse d'activité de 4,4%.

Du côté de l’offre, les banques continuent à lâcher du lest en rendant les conditions d’octroi de crédits moins contraignantes.La concurrence se fait de plus en plus rude pour réduire davantage les taux d’intérêts. Crédit du Maroc a créé récemment la surprise en baissant son taux à 4,3%, un niveau jamais atteint par les concurrents. Pour séduire la clientèle, des banques se sont aussi lancées dans les crédits à mensualités modulables. Une formule permettant aux emprunteurs de faire varier leurs remboursements mensuels en fonction de leurs capacités, à l’image de ce que propose déjà CFG Bank. Les établissements de crédits devraient céder encore du terrain, surtout que les liquidités s’améliorent. En effet, le besoin en liquidité des banques s’est atténué à 14,5 milliards de DH contre 16,9 milliards en novembre. L’institut d’émission a même réduit le volume de ses avances à 7 jours contre 12 auparavant.

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