Bataille d'Alger, essais nucléaires à Reggane, massacres du 8 Mai 1945, quelle stratégie pour faire reconnaître les crimes coloniaux

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BATAILLE ALGER
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Soixante ans après la bataille d'Alger, le sort de 8000 Algériens disparus au cours de ces neuf mois reste toujours inconnu. Pour apporter un peu de lumière à ce qui s'est produit en cette année 1957, une commission a été installée au niveau du ministère des Moudjahidine pour lever le voile sur les crimes commis contre le peuple algérien durant cette période.

Le nombre de civils disparus à la Casbah d'Alger est estimé à 8.000 Algériens victimes de la politique de répression militaire du général Massu, a indiqué la conférencière précisant que 60 ans après la bataille d'Alger, une lecture juridique des événements est nécessaire. "Il ne faut plus se contenter de relater des faits historiques", a-t-elle soutenu.

Intervenant au Forum de la mémoire au siège du quotidien "El Moudjahid", maître Fatima Zohra Benbraham a indiqué qu'il existe une "volonté politique" claire concernant l'examen du dossier des 8.000 Algériens disparus durant la "bataille d'Alger" et celui des essais nucléaires de Reggane confié à une commission installée au niveau du ministère des Moudjahidine.

Les détails de cette stratégie s'inscrivant dans le cadre des démarches visant à amener la France à reconnaître ses crimes seront communiqués à l'occasion du 72e anniversaire des massacres du 8 mai 1945, selon maître Benbraham.


"Une batterie de lois et la généralisation de la torture contre les Algériens"

Maître Benbraham, qui se bat depuis quelques années pour faire reconnait les crimes du colonialisme en Algérie, a axé sa conférence sur l'aspect juridique de la bataille d'Alger.

La France, a-t-elle rappelé, avait fait face au soulèvement des Algériens par la promulgation de lois les privant de leurs droits les plus élémentaires, dont la loi no 56-258 du 16 mars 1956 qui a généralisé la torture contre les Algériens sous prétexte de "mesures exceptionnelles pour le rétablissement de l'ordre, la protection des personnes et des biens et de la sauvegarde du territoire" et la loi du 17 mars 1956 qui conférait à la police française des pouvoirs militaires sous l'autorité du général Massu en vue de mettre un terme à la bataille d'Alger.

Pour maître Benbraham, la bataille de l'Algérie aujourd'hui est une "bataille de lois". Il existe de nombreuses preuves et témoignages de généraux français qui reconnaissent les crimes de guerre commis sous l'ordre du général De Gaulle.

Le but n'est pas de juger les personnes mais de défendre "l'idée d'un crime d'Etat" qui a commencé avec maître Verges, a-t-elle dit.

La ratification par la France du traité de Rome de 1998 est un "moyen de pression" sur la France qui a reconnu que les crimes contre l'humanité sont imprescriptibles, a-t-elle soutenu, avant d'ajouter que l'Algérie peut aujourd'hui utiliser cette carte.

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