Décès du moudjahid Blidi Abdelkader dit Si Mustapha

Publication: Mis à jour:
SI MUSTAPHA BLIDI
Dzaier News
Imprimer

Le moudjahid, Blidi Abdelkader, dit Si Mustapha, est décédé lundi après-midi dans un hôpital de Genève (Suisse) des suites d'une longue maladie, a-t-on appris mardi auprès de ses proches.

Le rapatriement de la dépouille du défunt, ancien lieutenant de l'Armée de libération nationale (ALN), aura lieu jeudi alors que l'enterrement est prévu vendredi au cimetière d'El-Alia (Alger).

Né en 1935 à Blida, feu Blidi était l'un des derniers rescapés du commando Ali Khodja. Il a fait son apprentissage du nationalisme auprès de Souidani Boudjemaâ et Tayeb Djoughlali. Il a intégré vite les rangs de l’ALN de la Zone VI (future wilaya IV) conduite par le colonel Amar Ouamrane et connaîtra les péripéties du combat avec le commando Ali Khodja.

Au sein de l'ALN qu'il a rejoint en 1955, il se chargera avec les autres membres de son commando de plusieurs missions qu'il racontera dans ses mémoires "Dans les maquis de la liberté" paru en décembre dernier.

"Si Mustapha" y avait rendu un hommage particulier à son commandant, le chahid Ali Khodja, exhortant les nouvelles générations à perpétuer la mémoire de ceux qui ont payé de leur vie le prix de l’indépendance.

Démobilisé à l’indépendance, il se lance dans le commerce à Alger, puis entame une carrière de diplomate qui durera vingt ans à la mission permanente à Genève.

Marié à une Franco-suisse Arlette-Amina, il surfait pour des raisons de santé entre Genève et Alger. C'est que il avait toujours l'éclat d’un obus à quelques centimètres du cœur!

Cette blessure, il avait raconté les circonstances de son intervention dans ses mémoires: "j’ai été blessé trois fois et la plus grave a été au cœur. C’était à la bataille de Riacha, à proximité de Bousken contre la légion étrangère, l’élite de l’armée française".

Il se souvient encore des moindres détails de cette bataille et les résument en quelques phrases:

"L’accrochage est sévère et dur. Nous redoutions qu’une escadrille de l’aviation arrive et prenne pour cibler le mausolée de Sidi Abdelkader. Si Lakhdar réussit à repousser l’assaut terrestre ennemi vers le bas de la crête. Quatre de nos compagnons sont brûlés au napalm. Le spectacle est insoutenable. Des trombes de feu enflamment le ciel, une bombe de napalm tombe, vitrifie le sol, réduit en cendres tout ce qu’elle atteint. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, il ne restait de nos compagnons que des squelettes blanchis. L‘avant-bras de notre chef Si Azzeddine est littéralement déchiqueté par une rafale de mitraillette 12/7. Alors que je tentais de le tirer vers moi, une roquette explose et m’éjecte à plus d’une dizaine de mètres sous un amoncellement de terre pulvérisée. Je venais de recevoir un éclat à quelques centimètres du cœur."

Retrouvez les articles de HuffPost Algérie sur notre page Facebook.

Pour suivre les dernières actualités en direct, cliquez ici.