Assassinat de l'ex-DGSN Ali Tounsi: Les éléments de la garde rapprochée et le médecin légiste accablent Oultache

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ALI TOUNSI
Algerian policemen pay respects to the flag-draped coffin of Algeria's police chief Ali Tounsi at a ceremony to pay the last tribute at the police training academy, on February 26, 2010 in Algiers. Tounsi was shot dead Thursday during a blazing row with a subordinate in his office at police headquarters in central Algiers. AFP PHOTO / FAYEZ NURELDINE (Photo credit should read FAYEZ NURELDINE/AFP/Getty Images) | FAYEZ NURELDINE via Getty Images
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Les éléments de la garde rapprochée de l'ex-DGSN Ali Tounsi ont accablé l'accusé ce matin lors de son procès.
Au deuxième jour, le tribunal criminel d'Alger a auditionné les quatre éléments de la garde rapprochée de feu Ali Tounsi.

Les quatre témoins ont indiqué dans leurs témoignage qu'ils avaient entendu des coups de feu provenant du bureau de la victime avant d'être informés par le chef de cabinet du DGSN que ce dernier avait été tué par Chouaib Oultache, qui "portait une arme à feu et menaçait tout le monde".

L'ex-chef de l'unité aérienne de la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), Chouaib Oultache, accusé de l'assassinat de l'ancien DGSN, Ali Tounsi était revenu la veille sur ses aveux affirmant qu'il était en légitime défense.

L'élément de la garde rapprochée Hadj Kaci Hacène a précisé qu'après avoir entendu plusieurs coups de feu provenant du bureau de Ali Tounsi, il s'est dirigé avec son collègue Madjid Allaoua vers les lieux et que trouvant la porte fermée, il l'a défoncé pour découvrir Oultache assis sur une chaise face à la porte "portant un pistolet et prêt à tirer".

Précisant que la blessure de l'accusé au niveau du ventre lui a fait perdre conscience avant son évacuation, le même témoin a ajouté avoir trouvé Ali Tounsi par terre gisant dans une marre de sang.

Pour sa part, le membre de la garde rapprochée Madjid Allaoua a déclaré qu'il était en compagnie de Hadj Kaci lorsqu'ils ont pénétré dans le bureau de Ali Tounsi, confirmant ainsi les déclarations de son collègue.

Appelé à la barre, le membre de la garde rapprochée Hamadou Ahmed a indiqué que lui et un collègue se sont retrouvés face à l'accusé dans le couloir, affirmant avoir demandé à Oultache "plusieurs fois de se rendre et de poser son arme par terre" et que devant le refus de ce dernier, il a tiré le blessant au niveau de l'abdomen.

"Blessé, Oultache est revenu sur ses pas pour s'enfermer dans le bureau de Ali Tounsi", a encore ajouté le témoin.

Le constat du médecin légiste contraire aux déclarations d'Oultache

Le médecin légiste Rachid Belhadj, chargé de l'autopsie du cadavre de l'ex-DGSN, Ali Tounsi a affirmé pour sa part, que ce dernier était mort de deux balles dans la tête.

"Ali Tounsi est mort de deux balles dans la tête, la première a été reçue dans la joue gauche et la deuxième lui a traversé le crâne", a précisé le médecin légiste.

Contrairement aux déclarations d'Oultache, "le cadavre ne comporte aucune trace de balle au niveau des membres supérieurs ou inférieurs", a-t-il ajouté.

Lors de son audition au deuxième jour du procès de Chouaib Oultache, poursuivi pour "homicide volontaire avec préméditation, tentative de meurtre et détention d'une arme à feu sans autorisation", le médecin légiste a précisé que la victime était en position assise et penchée sur son bureau, lorsqu'il a reçu des deux balles "par dessus" la tête.

Selon l'expertise de la médecine légale, Dr. Rachid Belhadj a affirmé que "l'examen approfondi du cadavre a révélé l'existence d'une fracture au niveau des vertèbres cervicales de la victime, preuve que les balles avaient été tirées d'en haut".

Pour sa part, Oultache a maintenu ses déclarations lors de l'audience, affirmant que les balles qui ont causé la mort de Tounsi ne provenaient pas de son arme et qu'il l'avait juste blessé à la main.

Début des plaidoiries

A la fin des auditions des témoins, le Tribunal a commencé par entendre les plaidoiries des avocats des parties civiles. Les parties civiles, concernées dans cette affaire dans laquelle l'accusé Chouaib Oultache doit répondre des chefs d'accusations de meurtre avec préméditation et tentative d'homicide volontaire et port d'arme à feu sans autorisation préalable des autorités compétentes, sont les avocats des ayants droits de la famille de la victime Ali Tounsi, son directeur de cabinet Abdelaziz Dahlab et Abdelmoumèn Abd Rabou ancien chef de sûreté de la Wilaya d'Alger.

Le procès de Chouaib Oultache se poursuit au tribunal criminel d'Alger pour la deuxième journée. L'accusé avait affirmé dimanche devant le juge Omar Benkherchi qu'il était en légitime défense et qu'il n'avait pas l'intention de tuer Ali Tounsi qui était, a-t-il dit, "un ami très proche".

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