Pour le ministre de la Fonction publique sortant, le remaniement effectué par Youssef Chahed est "étrange"

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ABID BRIKI
FETHI BELAID/AFP/Getty Images
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L’ancien ministre de la Fonction publique et de la bonne gouvernance, Abid Briki, a déclaré “qu’il fera en sorte que la décision de son départ n’ait pas d’impacts négatifs sur le pays”.

Dans une déclaration samedi à l’agence TAP, il a qualifié d'”étrange” le remaniement effectué par le chef du gouvernement, Youssef Chahed.

“J’ai été remplacé au moment où je considérais ma décision de partir ou rester (…) cela dépendait des concertations que j’avais prévues d’entreprendre notamment avec le président de la République, le 27 février.

Interrogé sur son intention de démissionner annoncée vendredi, l’ancien ministre a tenu à préciser que l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) n’a aucun lien avec cette question. “Personne n’a intérêt à ce que l’UGTT se retire du Document de Carthage”, a-t-il soutenu.

“j’ai pas agi sur un coup de tête, je me suis comporté en homme d’Etat”, a-t-il lancé, déclarant qu’il révélera dans les prochains jours les détails sur cette démission.

Et d’ajouter, “j’ai essayé de trouver des consensus pour l’intérêt du pays”, avouant être entré en désaccord avec des syndicalistes et des politiques amis, “persuadé que la solution ne peut jamais être aux dépens des salariés”.

Sur son intention de lancer une nouvelle initiative politique, Briki a assué qu’il en révélera les détails dans un futur proche.

Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a effectué ce samedi un remaniement ministériel. Il a désigné Ahmed Adhoum, ministre des Affaires religieuses, un poste inoccupé depuis novembre 2016 et Abdellatif Hemam, Secrétaire d’Etat au Commerce.

Khalil Ghariani remplace Abid Briki à la tête du ministère de la Fonction publique et de la Gouvernance.

Briki avait déclaré, vendredi, à l’agence TAP, avoir l’intention de présenter sa démission sans l’annoncer officiellement au chef du gouvernement.

Il a toutefois précisé que l’action gouvernementale actuelle “est incompatible avec le document de Carthage”.

“J’ai contacté le secrétariat général de l’UGTT, le président de la République et le chef du gouvernement au sujet de la démission et j’ai fait valoir que ma présence au sein du gouvernement ne peut être d’une grande utilité dans le processus des réformes économiques et sociales annoncées par Youssef Chahed depuis sa désignation à la tête du gouvernement”, a-t-il indiqué.

Le gouvernement de Youssef Chahed avait obtenu la confiance de l’Assemblée des représentants du peuple le 26 août, succédant au gouvernement Habib Essid formé à l’issue des élections législatives de 2014, rappelle-t-on.

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