Soldat israélien: peine trop légère et "inacceptable" pour l'ONU

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RAVINA SHAMDASANI OF THE UN HIGH COMMISSIONER FOR
AFP
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Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme a jugé vendredi insuffisante et "inacceptable" la condamnation à 18 mois de prison d'un soldat israélien pour avoir achevé un palestinien, affirmant qu'il s'agissait d'une "apparente exécution extrajudiciaire".

Une peine de 18 mois "pour une violation des droits de l'Homme aussi grave est inacceptable", a déclaré une porte-parole du Haut-Commissariat, Ravina Shamdasani, lors d'un point de presse.

"Nous sommes profondément troublés par la peine trop clémente prononcée" par le tribunal à l'encontre de ce soldat, Elor Azaria, "condamné pour avoir tué illégalement un soldat palestinien lors d'une apparente exécution extrajudiciaire d'un homme non armé qui ne représentait clairement aucun danger", a-t-elle dit.

"Cette affaire risque de renforcer la culture de l'impunité", a-t-elle ajouté.

Le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, a dénoncé la position du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme, estimant que "l'échelle morale" de l'organisation était "tordue".

"Une balle qu'a tirée Azaria sur un terroriste est plus grave que les millions de balles qui tuent des innocents en Syrie, en Libye, en Irak et au Yémen", a-t-il écrit sur sa page Facebook. "Comme d'habitude il s'agit du Haut-Commissariat pour la haine d'Israël et pas du Haut-Commissariat aux droits de l'Homme".

Le soldat Elor Azaria, qui a aussi la nationalité française, a été condamné mardi pour homicide par un tribunal militaire israélien. Le soldat encourait 20 ans de prison.

Il avait été filmé en mars 2016 alors qu'il tirait une balle dans la tête d'Abdel Fattah al-Sharif à Hébron en Cisjordanie occupée.

Atteint par balles, il gisait au sol, hors d'état de nuire, il a été achevé à bout pourtant par le soldat israélien. La vidéo s'était propagée sur les réseaux sociaux et a fait le tour du monde.

Plus de 200 Palestiniens ont été tués par les forces de sécurité israéliennes depuis le début de cette dernière intifada en Cisjordanie en septembre 2015, mais le soldat Azaria est "le seul membre des forces de sécurité israéliennes à avoir été traduit en justice pour meurtre", a déploré Mme Shamdasani.

"Nous parlons d'une culture chronique de l'impunité, pas d'un cas individuel", a-t-elle renchéri.

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