L'instabilité politique, sociale et la corruption enveniment le climat des affaires en Tunisie

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L’Institut Tunisien de la compétitivité et des études quantitatives (ITCEQ), relevant du ministère du Développement, de l’Investissement et de la Coopération Internationale, a organisé hier une conférence de presse pour présenter les résultats de l’enquête annuelle sur la compétitivité en Tunisie pour l’année 2016. L’étude évalue les entraves qui paralysent le climat des affaires selon les chefs d’entreprises. Le sondage cible 1200 entreprises réparties sur les 24 gouvernorats te employant 6 employés et plus. 942 chefs d’entreprises ont répondu au questionnaire.

L’indice général du climat des affaires calculé par l’ITCEQ montre une détérioration de l’environnement des affaires entre 2015 et 2016 pour un score passant de 60.7/100 en 2015 à 58.7/100 en 2016.

11 indicateurs sont retenus pour évaluer le climat des affaires et surtout les freins à l’initiative privée. Selon les entreprises interviewées, le climat politique, le climat social, le climat sécuritaire, la corruption et le financement bancaire, sont les principaux facteurs envenimant l’environnement des affaires en Tunisie.

Les tensions politiques se positionnent comme étant le frein n°1 aux investissements productifs. En se référant aux résultats du sondage, 22% des entreprises ont affirmé que leur désistement à faire les affaires en 2016 revient essentiellement à l’instabilité politique. 51% des chefs d’entreprises interviewés considèrent le climat politique le frein majeur à l’investissement privé en Tunisie.

3% des entreprises ont suspendu leurs activités à cause des mouvements sociaux

Le climat social arrive au deuxième rang des facteurs entravant l’entrepreneuriat. 3% des entreprises ont déclaré avoir été contraints de suspendre leur activité dans une moyenne de 21 jours à cause des débrayages et sit-in à répétitions.

L’enveniment du climat social a par ailleurs découragé 18% de entreprises sondées à investir et a engendré une perturbation dans l’approvisionnement des entreprises notamment en matières premières.

Pour ce qui est du climat sécuritaire, la situation en Libye, les menaces terroristes et les risques qui pèsent sur les propriétés publiques et la sécurité nationale sont les craintes dévoilées par les entreprises et qui expliquent le désistement de 9% des entreprises à investir à cause de l’instabilité sécuritaire.

25% des entreprises contraintes à payer des pots-de-vin

S’agissant de la corruption, ce phénomène ravageur pour l’économie nationale, 55% des entreprises pensent que la corruption s’est aggravée davantage en 2016. D’ailleurs 25% des chefs d’entreprises affirment qu’ils ont été appelés ou contraints à verser des pots- de-vin ou de faire rouler des cadeaux dans leurs transactions avec les institutions publiques en 2016. A ce titre, l’adoption mercredi par l’ARP de la loi sur la dénonciation de la corruption pourrait être un premier pas dans la lutte contre la corruption.

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