Les accusations de Google de vol de brevets tombent vraiment mal pour Uber

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Travis Kalanick, le patron d'Uber Technologies | Reuters Staff / Reuters
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ÉCONOMIE - C'est une accusation qui tombe mal pour Uber. Google vient de porter plainte contre la société de transports pour vol de technologies liées aux voitures autonomes. Plus exactement, c'est Waymo, la nouvelle filiale d'Alphabet qui s'occupe des Google Car, qui lance ces poursuites.

Sa plainte, déposée ce jeudi 23 février devant un tribunal de San Francisco et consultée par l'AFP, affirme que "Otto [une startup rachetée par Uber, ndlr] et Uber ont pris la propriété intellectuelle de Waymo afin de pouvoir s'épargner le risque, le temps et les dépenses liés au développement indépendant de leurs propres technologies".

"En fin de compte, ce vol calculé a rapporté plus d'un demi milliard de dollars aux salariés d'Otto et permis à Uber de ranimer un programme bloqué, tout cela aux dépens de Waymo", ajoute le document. Otto est une startup spécialisée dans les logiciels de conduite autonome pour les camions. Créée l'an dernier par d'ex-salariés de Google, elle avait été rachetée quelques mois plus tard par Uber qui cherchait à accélérer ses propres efforts en la matière. Waymo chiffre le prix de vente à 680 millions de dollars.

Série noire pour Uber

"Nous prenons très au sérieux les allégations faites contre des salariés d'Otto et Uber, et nous allons examiner attentivement la question", a sobrement réagi jeudi le service de réservation de voitures dans un courriel à l'AFP.

L'affaire tombe dans tous les cas particulièrement mal pour l'image de marque d'Uber, actuellement en pleine série noire. Son patron Travis Kalanick avait accepté de conseiller Donald Trump sur les sujets liées aux nouvelles technologies.

Parmi les grands noms de la Silicon Valley, seul lui et Elon Musk avaient accepté. Mais le fondateur d'Uber a dû y renoncer au début du mois suite à une première fronde d'utilisateurs critiquant sa réaction jugée trop tiède aux mesures anti-immigration du président américain.

Et les appels à cesser d'utiliser le service sont repartis de plus belle après des accusations dimanche d'une ex-salariée, qui a dénoncé un sexisme généralisé dans l'entreprise et son refus de sanctionner un supérieur qui la harcelait sexuellement. Même si Travis Kalanick a très vite réagi en organisant une enquête interne, conduite par l'ancien procureur général des Etats-Unis Eric Holder.

14.000 dossiers confidentiels volés

Cette affaire de vol de propriété intellectuelle ne devrait pas avoir autant d'effet sur les utilisateurs de l'application, mais Uber aurait surement préféré ne pas se voir critiqué une nouvelle fois si rapidement sur un tout autre sujet.

Les véhicules autonomes suscitent actuellement énormément d'intérêt, tant des grands constructeurs mondiaux (qui font miroiter pour certains une production en série aux alentours de 2020) que de plusieurs grands acteurs du secteur technologique.

Google réclame un procès devant un jury afin d'interdire à Uber d'utiliser ses technologies, ainsi que des dédommagements pour un montant non précisé. Le litige porte plus particulièrement sur des capteurs lasers dits "Lidar", permettant à un véhicule de "voir" les voitures, piétons ou autres obstacles autour de lui, et dans lesquels Waymo affirme avoir investi "des dizaines de millions de dollars et des dizaines de milliers d'heures d'ingénierie".

Une histoire de mauvais destinataire d'email

Waymo dit avoir découvert le pot aux roses après avoir été ajoutée accidentellement aux destinataires d'un courriel envoyé par un sous-traitant. Le courriel contenait en pièce jointe des schémas de circuits imprimés pour Uber ayant "une ressemblance frappante avec (ses) propres designs hautement confidentiels".

La plainte vise plus particulièrement Anthony Levandowski, qui supervise aujourd'hui les efforts d'Uber dans les voitures sans chauffeur et avait travaillé jusque début 2016 sur la Google Car avant de cofonder Otto. Waymo dit avoir découvert des preuves que Levandowski a illégalement téléchargé plus de 14.000 dossiers confidentiels avant son départ.

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