Fédération Algérienne du Médicament: La pénurie va perdurer

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Youcef Abba
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C'est au tour de la Fédération Algérienne du médicament de tirer la sonnette d'alarme quant à la rupture de plusieurs médicaments sur le marché Algérien. Les adhérents de la fédération ont dénoncé aujourd'hui au cours d’une conférence-débat, les entraves qui ont conduit à cette crise du médicament.

Les produits en rupture sont de différentes classes thérapeutiques. Plus de 210 molécules sont absentes du marché et sans aucune alternative, informe Abdelouahed Kerrar président l’union nationale des opérateurs de la pharmacie.

"Cette situation est principalement due aux retards accusés dans la délivrance des programmes d’importation et le contrôle des quantités importées" souligne Abdelouahed Kerrar.

Le président de l’UNOP explique que les opérateurs du secteur déposent leurs programmes d'importation entre juillet et septembre. Ces programmes, dans le cas d’une procédure habituelle, sont analysés et délivrés au mois de novembre.
Seulement les opérateurs ont obtenu leur programme au mois de décembre 2016. Et certains attendent toujours, ajoute-t-il.

"Ce retard va hélas engendrer d’autres retards", informe Abdelouahed Kerrar.

Avec l’obtention des programmes d’importations, l’opérateur commence en effet par ouvrir une lettre de crédit pour que le fournisseur passe une commande. Une étape qui peut prendre 3 mois.

De plus, il faut prendre en considération les délais de dédouanement, de production et bien d’autres, souligne Abdelouahed Kerrar.

"Cette pénurie va malheureusement se prolonger car il n’y a aucune solution pour le moment, sans autorisation d’importation de matières premières, notre production est gelée", met en garde Abdelouahed Kerrar.

Déni de la tutelle

À l’heure où les producteurs renvoient cette pénurie aux retards de délivrance des autorisations d’importation, le ministère se lave de toute responsabilité.

"Comment peut-on nier des choses vérifiables?", s’étonne Nabil Mellah, membre de l’union nationale des opérateurs de la pharmacie.

L’intervenant revient également sur les déclarations du ministre de la Santé Abdelmalek Boudiaf. Selon ses dires, les producteurs devraient avoir des stocks de trois mois.

Pour répondre à cette accusation, M. Mellah explique qu’il existe un paradoxe. "Il faut savoir que lors du dépôt du programme d’importation, l’opérateur doit justifier d’un stock zéro", affirme-t-il.

Les membres de la fédération algérienne du médicament se disent "désemparés" de la situation. Ils s’accordent à dire qu'ils ont anticipé cette pénurie, seulement les autorités concernées s’obstinent à laisser la situation s’empirer.

En conclusion, Nabil Mellah renvoie tous ces problèmes qui secouent le secteur à une réglementation pauvre. "Sans loi qui stipule clairement comment agir en temps de crise, et une instance qui veille à l’application des règles, la santé publique sera toujours en danger", conclut Nabil Mellah.

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