Personnes âgées: une stratégie ministérielle en cours d'élaboration

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VIEILLISSEMENT - Avec un taux de vieillissement de 10%, la société marocaine souffre toujours d'une absence de cadre juridique ou législatif qui accompagne cette tendance, et d'un manque patent de politiques globales destinées aux personnes âgées.

Hier à Rabat, Bassima Hakkaoui, la ministre de la Solidarité, de la femme, de la famille et du développement social, est intervenue à l'occasion d'un atelier organisé par son ministère, en partenariat avec la Commission économique et sociale des Nations unies pour l'Asie occidentale (ESCWA). La ministre a jugé important de prendre en considération l'ampleur de la nature des défis et des transformations démographiques, socio-culturelles et technologiques pour la promotion de la situation des personnes âgées.

De l'aveu même de la ministre, en dépit des efforts consentis en vue d'atténuer l'impact des changements sociaux et démographiques sur les personnes âgées, il existe d'importants défis pour assurer l'autonomie de cette frange de la société, renforcer son intégration socio-économique, lui garantir un milieu de vie sain et serein, lui assurer un accès équitable aux services et à la justice et éradiquer toutes les formes de discrimination et de violence à leur égard.

Interrogée par le HuffPost Maroc, Bassima Hakkaoui précise par ailleurs qu'il n'y a pas, dans l'immédiat, de projet de loi en préparation, mais plutôt un cadre stratégique "global et multi-sectoriel, qui impliquera les départements ministériels, les intervenants et les acteurs concernés par le sujet". Aucune date n'a été jusqu'à présent fixée pour le dévoilement de cette stratégie, en cours d'élaboration.

Des politiques partielles

Dans un avis rendu en 2015, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) estimait que si "les pouvoirs publics ont mis au point des politiques et des plans d’action tendant à valoriser et à promouvoir la participation, l’amélioration des conditions de vie des personnes âgées", ces politiques "demeurent partielles, dispersées, sectorielles, dépourvues de la dimension intégrée et ne répondent pas à une véritable stratégie nationale dans ce domaine". Le CESE relevait également "un retard patent dans la formation des ressources humaines en gériatrie, gérontologie, psychologie et psychiatrie de la vieillesse, en travail social, etc.", ainsi que "des insuffisances patentes en matière de soins adaptés aux spécificités des personnes âgées".

Le Conseil présidé par Nizar Baraka recommandait, pour garantir la protection sociale des personnes âgées, d'assurer l’extension de la sécurité sociale et de la couverture médicale aux personnes âgées, notamment au profit de celles ne disposant pas de revenus, ou percevant de maigres pensions de retraite", mais aussi de développer des filets sociaux, notamment via "un fonds de pension vieillesse au profit des personnes âgées non couvertes par le système de sécurité sociale, ne disposant pas de revenus et ou ne pouvant compter sur l’aide familiale".

Le CESE préconisait par ailleurs la définition d'un cadre juridique et institutionnel "qui protège les personnes âgées contre les discriminations, la négligence, les mauvais traitements et la violence, et facilite aux personnes âgées l’accès à des services de santé", ainsi que la mise en place d'"une carte des personnes âgées leur permettant de bénéficier de leurs divers droits, de simplifier les procédures en leur faveur et de leur donner la priorité dans les différents services".

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