Arrestations d'Ahmadis, article 144: La liberté du culte est menacée en Algérie, selon Amnesty International

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Young man in handcuffs | digicomphoto via Getty Images
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L'organisation Amnesty International Algérie a organisé ce mercredi 22 février à Alger une conférence de presse pour communiquer son bilan de l'année 2016 en matière de droits humains en Algérie et à travers le monde.

Hassina Ouseddik, présidente de l'ONG en Algérie, a pris la parole pour donner un résumé de l'évolution et du respect des droits humains en Algérie et à travers le monde. Pour cela, ils se sont basés sur les données disponibles pour 159 pays, le reste des pays ne possédant pas assez d'informations pour pouvoir en tirer des conclusions.

Elle a évoqué le thème de la liberté d'expression des médias qui est encore fragile. Pour Oussedik, il est important que l'Algérie change ses dispositions concernant cette liberté, notamment sur les réseaux sociaux.

Elle a cité l'exemple du journaliste Mohamed Tamalt, journaliste Algérien qui est décédé après une grève de la faim, conséquence de sa condamnation pour "offense au président de la République" sur sa page Facebook. Amnesty international demande officiellement l'ouverture d'une enquête concernant la mort du journaliste.

L'organisation demande également l’abolition de l'article 144 du code pénal qui punit d'une peine d'emprisonnement et d'amende toute personne qui "offense le prophète (paix et salut soient sur lui) et les envoyés de Dieu ou dénigre le dogme ou les préceptes de l’Islam".

A ce sujet, le thème de la liberté de religion a été abordé et le cas de plusieurs personnes qui ont été jugées, voire emprisonnées à cause de leur foi différente. Parmi eux, le cas des Ahmadis, secte minoritaire comptant environ 1000 personnes et dont la liberté de culte est actuellement menacée.

Concernant le domaine de la justice, l'ONG juge nécessaire que les personnes suspectées d'une violation à la loi, aient le droit d'avoir la présence d'un avocat lors de leur premier interrogatoire, or ce n'est pas encore le cas dans notre pays aujourd’hui.

Hassina Oussedik a évoqué des thèmes qui requièrent une prise d'action immédiate, parmi eux le thème de l'application de la peine de mort.

Même si l'Algérie a adopté un moratoire sur la peine de mort en 1993, Amnesty a demandé son abolition totale, une thématique pour laquelle l'organisation milite depuis plusieurs années.

Elle a également attiré l'attention sur le traitement des réfugiés sur le territoire algérien. Les migrants venant des pays subsahariens sont de plus en plus nombreux et leur situation actuelle n'obéit pas aux règles basiques du respect du droit humain selon Amnesty.

L'organisation demande la prise en charge et la protection de ces derniers, qui ont fui leur pays pour une situation meilleure.

La présidente de la section locale d’Amnesty a ensuite évoqué la situation d'un point de vue international. Le bilan a été qualifié d'incertain et la situation mondiale inquiétante. Elle a évoqué la montée des discours de haine, qui sont devenus directs et synonymes d'une perte d'humanité généralisée.

Prenant l'exemple du président Américain Trump, elle a cité le cas des candidats qui dans le but d'atteindre le maximum d'électeurs, n'ont plus peur d'exprimer des idées racistes et discriminatoires. Selon Amnesty international Algérie, ces politiques de diabolisation alimentent la peur et menacent l'humanité.

Conséquence de cette peur de l'autre, la question des réfugiés reste en suspens et des milliers de personnes se retrouvent coincées aux frontières et renvoyées dans leur pays. Elle a évoqué la situation précaire de plus de 75 000 réfugiés, actuellement coincés entre la Syrie et la Jordanie.

Après avoir évoqué les thèmes considérés par Amnesty International Algérie comme étant les plus importants de l'année 2016, la conférence s'est terminée sur une touche d'optimisme et d'espoir, sur un appel à la résistance.

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