OCDE: Les MRE sont une force importante pour l'économie marocaine

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Le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurria à Vienne, le 7 novembre 2016 | Heinz-Peter Bader / Reuters
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MIGRATION - Les Marocains résidant à l’étranger (MRE) constituent une "force importante pour le développement économique du Maroc". C'est l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) qui le dit.

Dans son rapport Talents à l’étranger: une revue des émigrés marocains, rendu public mardi, l'organisation internationale estime que les MRE sont une "ressource à haut potentiel" pour l'économie marocaine.

"Le nombre de personnes nées au Maroc et résidant dans les pays de l'OCDE a atteint 2,6 millions en 2010/2011, ce qui en fait le dixième groupe d’émigrés le plus important au monde et le plus grand groupe d’émigrés en provenance d’un pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA)", souligne le rapport.

Selon l'OCDE, au moins 800.000 descendants d’émigrés marocains ont été dénombrés dans les pays européens de l'OCDE durant cette période.

Les MRE concentrés dans 10 pays

Les Marocains résidant à l'étranger sont "essentiellement concentrés dans dix pays, principalement européens", poursuit le rapport. Un tiers des MRE résidait en France en 2010/2011, "témoignant des liens historiques et linguistiques entre les deux pays".

L’Espagne et l’Italie, considérées comme des "destinations plus récentes" pour les immigrés marocains, accueillait à eux deux, un million de MRE en 2010/2011, deux fois plus qu’en 2000/2001.

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Dans son rapport, l'OCDE revient aussi sur le niveau d'éducation des émigrés marocains. Si la majorité d'entre eux a encore un niveau d’éducation faible, "ce constat est en train de changer". Selon l'organisation, un demi-million d’émigrés marocains détenait un diplôme de l’enseignement supérieur en 2010/2011, deux fois plus qu’en 2000/2001. Les descendants d’immigrés marocains sont plus diplômés que leurs parents, précise l'organisation.

Par ailleurs, l'OCDE estime que les émigrés marocains ont "subi de plein fouet la crise économique de 2008/2009. Leur taux de chômage s’élève à 34 % en 2014 dans les pays européens et il est de 41 % pour les personnes peu qualifiées. En Espagne, la situation a été particulièrement difficile avec plus d’un émigré marocain sur deux au chômage en 2014. Sur le marché du travail nord-américain, à l’inverse, les émigrés marocains sont plus qualifiés et aussi mieux intégrés qu’en Europe".

Pour le Maroc, les MRE sont aussi synonymes de rapatriement de devises. En 2015, le montant total des fonds transférés par les Marocains de la diaspora vers leur pays d'origine s’élevait, selon le dernier rapport de la Banque mondiale sur les migrations et les transferts d'argent, à 6,4 milliards de dollars, soit près de 60 milliards de dirhams. En 2014, les transferts de devises représentaient 6,5% du PIB national.

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