La finance islamique inquiète le FMI

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CHRISTINE LAGARDE ARABIA
Christine Lagarde, présidente du FMI, avec Ibrahim Assaraf, ministre saoudien des Finances lors de son dernier déplacement en 2015. | Fahad Shadeed / Reuters
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ECONOMIE – Présentée comme la principale alternative à la finance spéculative, la finance islamique gagne du terrain. En 2017, elle est présente dans 60 pays et prédominante dans 14 d'entre eux. Le Fonds monétaire international (FMI) suit de près son évolution.

Dans un communiqué publié le 21 février, le pourvoyeur de fonds des États indique que "la banque islamique continue de se développer rapidement, en taille et en complexité, ce qui contribue à l’expansion des circuits financiers et à l’inclusion financière dans bon nombre de pays, mais pose aussi des problèmes aux autorités de contrôle et aux banques centrales (...) En conséquence, il est nécessaire de mettre en place un environnement qui favorise la stabilité financière et le développement sain de la banque islamique, y compris sur le plan du cadre juridique, du dispositif prudentiel, du filet de sécurité financière, de la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, ainsi que de la gestion des liquidités".

Les "sukuk d’investissement", le coeur du problème

Le succès des sukuk, équivalent des obligations dans la finance traditionnelle, est également au cœur des inquiétudes de l’institution dirigée par Christine Lagarde. Ces titres financiers hybrides négociables sont, comme pour les produits financiers assimilés, rémunérés en fonction de la performance d’un ou plusieurs actifs sous-jacents (contrairement à l’obligation, fondée sur une émission de dette).
Réunis le 8 février dernier, les administrateurs du FMI indiquent dans leur communiqué que "l’émergence, au cours des dernières années, de produits financiers hybrides dans la banque islamique, qui reproduisent les aspects correspondants de la banque conventionnelle, a peut-être apporté des avantages, mais suscite aussi des craintes pour la stabilité financière".
Parmi ces craintes figurent l’apparition de nouveaux risques complexes, l’applicabilité des régimes prudentiels existants, des problèmes de gouvernance et de protection des consommateurs, ainsi qu’un risque de réputation.
Les administrateurs encouragent les services du FMI, ainsi que les autres organismes internationaux et organes normalisateurs compétents, "à poursuivre leurs travaux pour mieux comprendre la nature de ces activités et comment elles peuvent être réglementées de manière efficace".

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