Zambie: Quel potentiel pour les investisseurs marocains?

Publication: Mis à jour:
CGEM
twitter.com/MiriemBensalah
Imprimer

PARTENARIAT - Dans le sillage de la visite royale, les chefs de plusieurs entreprises zambiennes et marocaines ont tenu, samedi à Lusaka, un important forum destiné à examiner les moyens de renforcer leurs relations de partenariat dans plusieurs secteurs. Lors de cette rencontre, l’accent a été mis sur l’importance de "multiplier les contacts entre les communautés d’affaires en vue d’édifier un nouvel écosystème d'affaires et d’établir de nouveaux ponts économiques entre le Maroc et la Zambie". En effet, les échanges entre les deux pays sont encore extrêmement faibles (moins de 0,1% des échanges extérieurs marocains).

Que vaut réellement ce marché pour les entreprises marocaines ?

Depuis 2011, la Zambie a quitté la catégorie des pays les moins avancés et est considérée comme un pays à revenu intermédiaire, le PIB par habitant s’élevant à 1.221 USD. Les obstacles à la croissance du pays restent toutefois nombreux : enclavement, pandémie du VIH/SIDA (taux de prévalence autour de 15 % parmi les adultes) et faiblesse du système éducatif notamment. L’indicateur de développement humain positionne la Zambie à la 150ème position sur 169 pays classés en 2010.
Principale ressource du pays, la production minière (15 % du PIB environ) pourrait augmenter à nouveau en 2017, après la sévère baisse enregistrée en 2016 suite à la décision de plusieurs compagnies de réduire leurs capacités compte tenu de la chute des cours du cuivre. Selon le dernier rapport de la COFACE, "la mine de Sentinel, dont l’exploitation a débuté en 2015, devrait en effet progressivement monter en puissance".

L’activité du secteur industriel pourrait cependant demeurer contrainte par un approvisionnement insuffisant en électricité. La sécheresse qui a touché le pays en 2016 a fortement réduit la production d’énergie, provenant en quasi-totalité des installations hydroélectriques. De meilleures conditions climatiques pourraient permettre d’améliorer la fourniture d’électricité en 2017, mais les capacités de production restent très insuffisantes pour couvrir les besoins des entreprises et des ménages. Le secteur agricole devrait également bénéficier d’une météo plus favorable qu’en 2016 et "le secteur des services (télécommunications, commerce, services financiers), pesant pour plus de la moitié dans le PIB, devrait contribuer positivement à la croissance économique", indique l’assureur-crédit français expert en risques commerciaux.

"Pour les investisseurs marocains, le principal atout du pays est le soutien financier international dont il bénéficie, ce qui signifie que, malgré les crises politiques récentes, les institutions zambiennes demeurent crédibles", explique au HuffPost Maroc, Mohamed Koudane, professeur universitaire et expert en relations internationales.

Selon la Banque mondiale, le principal frein à l’investissement est "l’enclavement et la dépendance aux voies de communication des pays voisins". En effet, situé entre le Mozambique, le Malawi, le Congo (Kinshasa), la Tanzanie et l’Angola, la Zambie dépend souvent des lignes ferroviaires et routières de ses voisins, ce qui limite drastiquement son autonomie logistique.

19 accords signés à Lusaka

Les chefs d'Etat des deux pays ont signé 19 accords gouvernementaux et de partenariats stratégiques. En plus des facilitations normatives, les deux pays ratissent large et mettent en place des mécanismes de coopération dans tous les secteurs : énergies, mines, agriculture, tourisme, finance, urbanisme...

LIRE AUSSI:
Le Gabon est-il réellement un eldorado pour les PME marocaines?