Crise libyenne: Signature de l'accord de Tunis

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Six ans après la chute de Gueddafi, et les différentes composantes politiques libyennes ne parviennent toujours pas à faire converger leurs points de vue pour mettre en place une solution consensuelle et mettre fin à la crise.

Afin de contourner ce blocage, un accord a été signée, ce matin du lundi 20 février 2017, à Tunis entre les ministres des Affaires étrangères tunisien, égyptien et algérien, et ce suite à leur réunion tenue dimanche 19 février, pour discuter d’une solution politique pour la crise libyenne. Cette annonce qui a pour but de remédier à la crise libyenne représente en effet un second souffle à l’accord de Skhirat obtenu en décembre 2015 sous l’égide de l’ONU.

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"La position de la Tunisie est ferme, pas d'intervention étrangère en Libye," déclare Saïda Garrache

“La crise en Libye ne peut être résolue qu’avec les parties libyennes elles-mêmes”, a annoncé, aujourd'hui, Saïda Garrache, conseillère juridique auprès de la présidence de la république, sur les ondes de Shems Fm.

Elle a indiqué que l’intervention étrangère pour démêler le dossier libyen ne peut qu’aggraver la crise. “La position de la Tunisie est claire à ce sujet,” a-t-elle martelé en précisant que la Tunisie refuse toute intervention militaire ou étrangère et prône le dialogue et l'unité des institutions civiles libyennes .

Par ailleurs, Garrache a estimé que le spectre d’une intervention militaire étrangère est en train de s'accroître car certains pays comme les Etats-Unis d’Amérique ou la Russie lorgnent la région.

“La Tunisie est en train de payer un lourd tribut à l'insurrection libyenne,”a-t-elle dit. “Une solution à la crise s’impose,” a-t-elle ajouté en signalant la forte mobilisation des pays voisins pour trouver une issue. Elle a noté que l’initiative du président de la République Béji Caïd Essebsi faisant participer l'Algérie, la Tunisie et l'Egypte dans la recherche d'une solution à la crise a plus de chance de réussir que d’échouer. Elle a insisté, également, sur à un dialogue exclusivement libyen avec l’appui de la Tunisie, l’Egypte et l’Algérie pour mettre fin au conflit libyen.

"Cette initiative vient concrétiser l’accord de Skhirat"

De don côté, le ministre tunisien des Affaires étrangères, Khemaies Jhinaoui, a indiqué à l’Agence Tunis Afrique Presse (TAP) que “l’objectif de l’initiative, c’est de rejeter toute solution militaire pouvant aggraver la crise en Libye et d’amener tous les protagonistes libyens au dialogue pour aplanir les litiges ayant empêché, jusque là, de concrétiser l’accord de Skhirat (Maroc)”. La réussite de cette initiative sera, selon Jhinaoui, un soulagement pour toute la région, qui souffre des répercussions de cette crise, notamment sur le plan sécuritaire, mais également socioéconomique.

Probable rencontre entre BCE et Haftar

Dans son interview accordée dimanche soir à Nesma, le président de la République a affirmé qu’il est disposé à accueillir tous les rivaux politiques libyens pour aider à résoudre cette crise. Il a annoncé, également, qu’une rencontre avec le général Khalifa Haftar sera prévue pour bientôt.

Prémices d'une solution?

Mardi dernier, une réunion aurait eu lieu au Caire entre les deux principaux protagonistes de la crise en Libye, le chef du gouvernement d'union (GNA) Fayez al-Sarraj et le maréchal Khalifa Haftar pour tenter d'entamer des négociations directes, rapportait l'AFP d'après de sources proches des deux hommes.

Selon la même source, des négociations indirectes ont lieu pour "via un médiateur égyptien" au Caire.

Homme fort de l'Est libyen et soutenu par l'Egypte, Haftar est appuyé par le Parlement élu basé à Tobrouk, hostile comme lui à l'exécutif de M. Sarraj, issu d'un accord interlibyen signé fin 2015 au Maroc à savoir l’accord de Skhirat.

Cet accord ne prévoyait aucun rôle pour Haftar dont les forces contrôlent une grande partie de l'Est libyen. Mais le maréchal controversé s'est imposé comme interlocuteur incontournable après s'être emparé des principaux terminaux pétroliers dans l'Est.

De son côté, le GNA est toujours incapable d'asseoir son autorité dans ce pays déchiré par les luttes d'influence, depuis son entrée en fonction en mars 2016.

Pour éviter l'échec de l'accord politique interlibyen, des discussions sont entreprises sur de "possibles amendements" au texte de l'accord, en particulier concernant le rôle futur du maréchal, avait annoncé la semaine dernière le médiateur des Nations unies Martin Kobler.

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