Plus de 800 migrants traversent la frontière entre le Maroc et Sebta en quatre jours

Publication: Mis à jour:
MELILLA
Migrants sit on the ground in El Tarajal, Ceuta, close to the boarder with Morocco on December 9, 2016 after being rounded up by police to be attended to by Red Cross personnel and taken to the Center for Temporary Stay of Immigrants (CETI) after nearly 400 migrants forced their way through a fence between Morocco and the tiny Spanish enclave of Ceuta, slightly injuring two police officers, authorities said. / AFP / Antonio SEMPERE (Photo credit should read ANTONIO SEMPERE/AFP/Getty Image | Jesus Blasco De Avellaneda / Reuters
Imprimer

MIGRANTS - Du jamais vu en dix ans. Lundi matin, plus de 300 migrants ont réussi à traverser la barrières séparant le Maroc de l'enclave de Sebta. Vendredi, ils étaient 500 à atteindre l'enclave. En quatre jours, plus de 800 migrants ont réussi à franchir les barrières, soit presqu'autant que durant toute l'année 2016.

Un chiffre que même les organisations d'aide aux migrants ne s'expliquent pas. "C'est la première fois que l'on voit un nombre de migrants doubler ainsi en quelques jours", explique Helena Maleno, membre de l'association "Caminando Fronteras/Walking Borders" et chercheuse spécialisée dans l'immigration et la traite des êtres humains.

"Même les migrants sont étonnés. Ils ont déclaré avoir eu moins de difficultés, du côté marocain comme espagnol, pour passer cette fois-ci". Cette dernière précise également que deux femmes sont aussi passées à travers les barrières, fait extrêmement rare, ces dernières préférant généralement les traversés en bateau.

Même son de cloche du côté de l'Association Manos Solidarias (Mains solidaires), basée à Tétouan. La présidente de l'association Chirine El Habnouni ne s'explique pas non plus qu'un tel nombre de migrants ait pu traverser la frontière. "On n'a jamais vu ça, autant de personnes en trois jours. En décembre dernier, il y a eu une tentative de 400 personnes, mais qui avait échoué".

Suppositions et réactions

S'interrogeant sur ces passages massifs, certains observateurs pointent du doigt les propos du ministère de l'Agriculture, qui dans un communiqué publié le 6 février dernier soulignait que "l'Europe s'exposait à un "véritable risque de reprise des flux migratoires que le Maroc, au gré d'un effort soutenu, a réussi à gérer"".

Une réaction qui faisait suite à la publication, le 21 décembre dernier, de la décision de la Cour de justice européenne, saisie par le Polisario, sur l'accord agricole Maroc-UE. Tout en rejetant le recours du Polisario, la Cour avait alors jugé que l’accord de libre-échange devait être interprété "conformément aux règles pertinentes de droit international applicables dans les relations entre l’Union et le royaume du Maroc, en ce sens qu’il ne s’applique pas au territoire du Sahara occidental".

Dès le lendemain de cette déclaration aux allures d'ultimatum, l'Union Européenne avait cherché à calmer les esprits en déclarant que "des mesures appropriées seraient prises si nécessaire pour sécuriser la mise en œuvre de l'Accord de libre échange des produits agricoles transformés et produits de la pêche entre l'Union européenne et le Maroc en vigueur et préserver les acquis du partenariat dans ce domaine".

Hier, c'est le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy qui a insisté sur "l'excellente relation entre le Maroc et l'Espagne", rapporte la MAP. "Je veux ici remercier (le Royaume) publiquement", a déclaré ce dernier lors d’une conférence de presse conjointe avec le président français, François Hollande, à l'occasion du 25e Sommet franco-espagnol tenu lundi à Malaga.

Du côté marocain, les réactions ne sont pas faites non plus attendre. Le roi Mohammed VI a ainsi dépêché à Tétouan Abdelfettah Louarak, inspecteur général des FAR, rapporte le 360, afin de "devrait tenir des réunions avec de hauts responsables sécuritaires dans la région, en vue de mettre un terme à ces assauts".

LIRE AUSSI: