Contre le décret anti-immigration de Trump, le maire de New York est aussi "musulman" (VIDÉO)

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INTERNATIONAL - Un grand rassemblement s'est tenu dimanche 19 février à New York pour protester contre la politique d'immigration de Donald Trump qui vise particulièrement les musulmans.

Organisé en plein Times Square par le producteur de musique et homme d'affaires Russell Simmons, l'événement, intitulé "Aujourd'hui, moi aussi je suis musulman", a vu la présence de plusieurs personnalités venues soutenir les membres de la communauté musulmane, rapporte la section new-yorkaise de la chaîne CBS.

"Réfléchissez aux origines de ce pays"

Parmi ces personnalités, le maire de New York, Bill de Blasio. "Voici le message que je veux donner en tant que maire de cette ville, à tout le monde qui est là. Indépendamment de votre foi, de votre passé ou de là où vous êtes né, c'est votre ville", a-t-il déclaré.

"Et à tout le monde: c'est votre pays aussi. Réfléchissez aux origines de ce pays. Un pays fondé par des personnes qui ont fui la persécution religieuse. Un pays fondé pour respecter toutes les religions et toutes les croyances. C'est ce que nous sommes en tant qu'Américains, et on doit protéger cela", a ajouté le maire new-yorkais.

Sur sa page Facebook, Bill de Blasio a expliqué qu'il avait rejoint "des milliers de New Yorkais à Times Square pour clarifier quelque chose: une attaque envers la foi de quelqu'un est une attaque contre tous les croyants. Nous, le peuple, nous aurons le dernier mot", a-t-il écrit.

Bill de Blasio était entouré à sa gauche par l'imam Shamsi Ali, connu pour promouvoir le dialogue interreligieux entre les religions aux États-Unis, et à sa droite par le rabbin Marc Schneier, président de la Fondation pour la compréhension ethnique.

"Trump laissera la haine en héritage à l'Amérique"

De son côté, Russell Simmons n'y est pas allé de main morte contre le nouveau président américain. "Trump laissera la haine en héritage à l'Amérique, mais celle-ci se changera en plus grand amour", a-t-il déclaré à la foule. "Toute la diversité que nous voyons ici aujourd'hui prévaudra, et l'Amérique deviendra un endroit plus aimant", a lancé le producteur, plein d'espoir.

L'actrice Susan Sarandon avait elle aussi son mot à dire contre l'administration Trump. "Nous sommes ici parce que nous ne voulons pas être les rouages ​​de cette machine qui est en train de démanteler notre constitution et notre charte des droits (...). Nous sommes à un moment de l'histoire où il n'est plus possible d'être neutre. Si vous êtes silencieux, alors vous êtes complices", a-t-elle estimé.

Le 27 janvier, Donald Trump avait signé un décret anti-immigration très controversé pour interdire l'entrée temporaire du territoire américain aux ressortissants d'Irak, d'Iran, de Libye, de Somalie, du Soudan, de Syrie et du Yémen, ainsi qu'à tous les réfugiés.

Le 9 février, trois magistrats fédéraux avaient suspendu ce décret jugé inconstitutionnel, une décision confirmée par la Cour d'appel de San Francisco.

De son côté, Donald Trump a fait valoir que son décret ne constituait pas une "interdiction des musulmans". Lors d'une conférence de presse donnée la semaine dernière, le président américain a déclaré qu'il sortirait dans les jours qui viennent un nouveau décret sur l'immigration pour "protéger de manière globale" les Etats-Unis.

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