Bill Gates a peur d'une épidémie géante provoquée par bioterrorisme

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BILL GATES
Microsoft founder Bill Gates delivers his speech during the 53rd Munich Security Conference in Munich, Germany, February 18, 2017. REUTERS/Michaela Rehle | Michaela Rehle / Reuters
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GÉNÉTIQUE - Quand on est l'homme le plus riche du monde, on a des raisons d'être optimistes. Pourtant, le philanthrope Bill Gates est prompt à mettre en garde la société contre les risques technologiques de demain (même s'il pense que le monde va de mieux en mieux).

Alors que vendredi 17 février, le fondateur de Microsoft a affirmé qu'il fallait taxer les robots qui allaient remplacer le travail humain, il a mis en garde le lendemain contre le risque de bioterrorisme, rapporte le Guardian.

Lors d'une conférence allemande sur la sécurité, Bill Gates a eu des propos plutôt anxiogènes, rappelant que "la prochaine épidémie pourrait naître sur l'écran d'ordinateur d'un terroriste résolu à utiliser l'ingénierie génétique pour créer une version artificielle du virus de la variole" ou une variante plus meurtrière de la grippe.

Le fondateur de Microsoft a rappelé que les épidémiologistes estiment qu'un agent pathogène transmissible par l'air pourrait tuer plus de 30 millions de personnes en moins d'un an, "qu'il ait été créé par l'excentricité de la nature ou par la main d'un terroriste".

Un vrai sujet d'inquiétude mondiale

Paranoïaque, Bill Gates? Pas vraiment. Comme le rappelle le quotidien britannique, les agences de renseignement américaines et anglaises ont affirmé que l'Etat Islamique réfléchissait à la possibilité de fabriquer des armes biologiques, même s'il leur fallait pour ce faire des scientifiques talentueux, des laboratoires efficaces et du calme. Des conditions difficilement conciliables avec la guerre qui a lieu sur les territoires de l'organisation.

Pour autant, l'idée de terroristes arrivant à recréer un virus puissant mais disparu, ou à en modifier un existant pour le rendre plus efficace, est tout sauf saugrenue. Les nouvelles techniques de modification génétique sont de plus en plus puissantes, notamment le révolutionnaire "ciseau à ADN" Crispr-Cas9.

Celui-ci permet d'aller couper des gènes précis avec une efficacité redoutable, pour un coût assez faible et sans besoin de connaissances énormes (de simples étudiants en master peuvent utiliser cette technologie). Pour autant, la technique n'est pas suffisante à elle seule pour créer un nouveau virus.

Début février, le Conseil national consultatif pour la biosécurité a mis en garde contre le risque de création d'un virus en laboratoire. Si le rapport estimait qu'en l'état, Crispr-Cas9 n'est pas suffisant pour "générer de nouvelles menaces", il pointait du doigt la facilité "d'obtenir des morceaux de génome synthétisés chimiquement et commercialisés".

Si Bill Gates met en garde contre les dérives, il est aussi plutôt optimiste sur l'avenir de la modification génétique. Il a d'ailleurs investi dans une société spécialisée sur ce sujet, qui cherche à éradiquer le cancer et les maladies génétiques grâce à ces nouvelles techniques.

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