Egypte: la crise s'accentue, bon spectaculaire du taux d'inflation

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A poor man walking in a street in Old Cairo Friday, February 17, 2017 (Photo by Fayed El-Geziry/NurPhoto via Getty Images) | NurPhoto via Getty Images
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La livre égyptienne subit une dévaluation de près de 50% par rapport au dollar depuis le mois de septembre 2016. En novembre 2016, il fallait 8,83 livres égyptiennes pour avoir 1 dollar. Aujourd'hui, il en faut 16,5 livres.

Les caisses du pays ont perdu plus de la moitié de leur réserve en devises étrangères, passant en cinq ans de 40 milliards à un peu moins de 20 milliards de dollars. Le taux d’inflation a fait un bond spectaculaire, passant de 13 % en septembre 2016 à 30 % en janvier 2017. Mais l'inflation est synonyme de hausse des prix qui se répercute sur le marché égyptien et sur les consommateurs.

Selon le quotidien économique El-Mal, les denrées alimentaires ont subi une hausse des prix de 40 %. Des produits importés tels que la farine de blé, le riz, le sucre ou encore le café, ont vu leurs prix augmenter jusqu‘à 80 % en moyenne. Le prix du kilo de sucre est passé de 4.5 livres à 10 livres, et le prix du riz a doublé.

Les consommateurs égyptiens s'insurgent face à cette situation puisque leurs salaires ne leur permettent plus de vivre convenablement. Sur le site de "Madamasr", nous retrouvons des témoignages de citoyens face à cette crise. Parmi eux, celui de Ahmed, père de famille :

"Agé de 29 ans, Ahmed gagne 1,250 livres après cinq ans d'expérience dans une entreprise au Caire. Il est souvent endetté et remarque des changements dans ses habitudes alimentaires. "Nous avions l'habitude de pouvoir acheter un plat de fèves, de falafel, ou d'aubergines pour une livre égyptienne, mais depuis l'inflation, les plus petits plats qui coûtaient 3 livres en font aujourd'hui 5. C'était la seule chose que nous pouvions nous permettre, mais cela devient inabordable. Concernant la viande, il s'agit d'un luxe que nous ne pouvons pas nous permettre, j'achète parfois des os de poulet et de viande pour les mettre dans de la soupe", rapporte le quotidien.

Les hausses des prix ne touchent pas seulement les denrées alimentaires mais également les prix du carburant et par conséquent ceux des transports. Ils ont augmenté de 30 à 40 pour cent. Les prix des voitures ont flambé avec une hausse de plus de 300 pour cent.

Les Egyptiens se retrouvent obligés de remplir plusieurs postes pour subvenir aux besoins de leur famille. Les jeunes prennent également la parole sur les réseaux sociaux pour témoigner de l'étendue de de la crise :

"Pour vous donner une idée de la crise économique en Egypte, cette tablette Microsoft me coûterait
7 fois mon salaire
🙂"

Cette crise économique s'explique par la chute des recettes touristiques, la baisse de la fréquentation du canal de Suez et un déficit budgétaire.

Afin de remédier à cette situation, le Fond Monétaire International (FMI) a fait un prêt de 12 milliard de dollars à l’Égypte. Mais le FMI exige en échange l'application de réformes économiques considérées comme indispensables au redressement du pays. Le programme inclut également une nouvelle TVA et une baisse des subventions sur l'électricité.

A cela vient s'ajouter une crise de l'eau et le manque d'assainissement dans plusieurs régions du pays. Dans certains villages, l'eau fournie est fortement contaminée avec du fer, du magnésium et du sodium et donc non potable. Mais les agriculteurs et leurs familles consomment cette eau de manière quotidienne.

Cette situation est préoccupante puisque aujourd'hui treize pour cent des morts infantiles sont dues aux eaux consommées sans être désinfectées.

Par ailleurs, le secteur médical n'a pas été épargné avec la déclaration du ministre égyptien de la Santé, Imad Eddin Ahmed Radi, qui a annoncé une hausse des prix de 30 à 50%, de trois mille médicaments.

Avec toutes ces annonces, L’Égypte semble être en véritable crise et malgré les réformes prévues, ce sera difficile pour le pays de quitter ce contexte de crise. Rappelons qu'en 2015, une étude a signalé que 25 millions d'égyptiens vivaient en dessous du seuil de pauvreté, soit 9 personnes sur 10. Pour tenter de remédier à cette situation, le gouvernement promet d'augmenter de 7% les salaires des six millions de fonctionnaires, ce qui donne une lueur d'espoir aux citoyens.

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