Ce qu'il ne fallait pas rater de l'interview de Béji Caid Essebsi sur Nessma

Publication: Mis à jour:
Imprimer

Le président de la République Béji Caid Essebsi a accordé une interview à la chaîne privée Nessma TV diffusée en simultané sur de nombreuses radios régionales.

Retour sur les moments phares de cette interview.

Liberté de la presse

"La liberté de presse est une nécessité pour que la transition démocratique continue sur la bonne voie. Tout ce qui est excessif est injuste. Les principes doivent être établis par les gens du métier et non pas de la part des autorités parce que cela marquerait une régression pour cet acquis".

Donald Trump

"Nous sommes le premier pays de la région qu'il a contacté. Nos relations d'amitié existent depuis de longues années. Nous avons dialogué avec lui sur les conditions actuelles de la région dans le cadre du renforcement de notre collaboration. Il m'a dit que l'on continuera notre discussion à Washington, je ne sais pas si on peut qualifier cela d'invitation officielle".

Gouvernement d'union nationale

"Je n'ai constitué aucun des deux gouvernements, je les ai juste bénis. La Constitution m'a donné le droit de choisir le chef du gouvernement et c'est ce que j'ai fait en nommant Youssef Chahed. Je ne viole jamais mes prérogatives. En le choisissant, j'ai juste usé de mon droit. C'est la perception qui fait la politique; certains m'en veulent, par moments, pour des choses qui ne dépendent pas de moi".

Union nationale

"Les tendances politiques et sociales soutiennent le gouvernement à condition que ce dernier continue de respecter le pacte de Carthage".

"L'appui des organisations nationales ne veut pas dire que les organisations en question laissent tomber leurs principes; elles sont tout simplement appelées à coopérer avec tout le monde. Nous ne les appelons pas à changer d'identité mais à participer à l'opération de sauvetage du pays. Il n'existe pas de bras de fer mais chaque partie estime qu'elle a des intérêts qui sont intouchables".

Le nouveau Secrétaire Général de l'UGTT

"Nourredine Taboubi est un patriote. Pour moi, le patriotisme est une condition sacrée pour toute collaboration ou négociation. En politique, rien n'est définitif, il faut que tout le monde se retrouve autour de la Nation sinon, tout le monde est perdant".

Le dialogue national et Mehdi Jomaâ

"Tout d'abord, je tiens à préciser que Houcine Abassi et l'UGTT ont eu un rôle principal lors du Dialogue national. Mais, à un certain moment, il y a eu un grand blocage et, comme tout le monde le sait, je suis intervenu et j'ai apporté, à mon tour, un grand plus à ce Dialogue".

"Au bout d'un moment, nous sommes arrivés à un accord - même si je n'étais pas d'accord pour que les législatives soient organisées avant la Présidentielle - avec, entre autres, la démission du gouvernement d'Ali Laârayedh. Lorsque nous sommes arrivés à la désignation du chef du gouvernement des technocrates, les conflits étaient tels que je n'assistais plus aux réunions. A la désignation de Mehdi Jomaâ, que je ne connaissais pas, je l'avais félicité".

"Sous l'influence de ceux qui l'entourent, Mehdi Jomaâ voulait se présenter aux élections, ce qui était contraire à la feuille de route du Dialogue national. Comme Houcine Abassi était chargé de veiller à la bonne application de cette feuille de route, il était rentré en urgence du Caire et s'est entretenu avec Jomaâ qui a fini par revenir sur sa décision".

Santé

"À ceux qui ne veulent pas attendre les délais constitutionnels en appelant à la tenue d'élection anticipée: il y a des maladies curables et d'autres qui sont incurables et je suis en très bonne santé. Toutefois, s'ils décident de changer de position, nous ne serons pas rancuniers avec eux".

Rached Ghannouchi et "la diplomatie parallèle"

"Je ne l'ai chargé d'aucune mission diplomatique et le ministre des Affaires étrangères est le seul qui me représente au niveau de la politique extérieure (...) Ghannouchi m'informe toujours de ses déplacements et je n'ai aucun doute sur ses intentions quant aux intérêts du pays. L'intérêt du pays nous a réunis après tout ce qu'on s'était échangé lorsqu'on était adversaires. Que Dieu nous le pardonne à tous les deux".

La question libyenne

"En ce qui concerne l'initiative qui concerne la Libye, il faut tout d'abord préciser qu'il s'agit d'une solution exclusivement libyenne sans aucune intervention étrangère (...) Lorsque nous avons lancé l'initiative, nous avons tout fait afin que ce soit une réussite. C'est pour cela que nous avons fait appel aux voisins de la Libye à savoir l'Égypte, la Tunisie et l'Algérie. Pour le Niger et le Tchad, c'est une autre paire de manches. J'ai estimé que les trois pays que j'ai cités sont les principaux intéressés par l'affaire libyenne. Cela ne veut pas dire que l'on exclura les autres pays qui se sentent concernés par ce dossier".

L’état d’urgence

"Premièrement, il faut que l’on admette que la Tunisie est ciblée par le terrorisme, un fléau qui nous est totalement nouveau et étranger. Maintenant que nous sommes obligés de le combattre, nous devons investir dans la lutte contre le terrorisme. Nous avons collaboré avec l’Allemagne et les USA qui nous ont beaucoup aidés. Toutefois, il faut préciser que nous avons tout payé avec notre propre argent pour préserver notre souveraineté. Je reviens toujours à l’opération de Ben Guerdane où l’échec qu’ont eu les terroristes les empêchera toujours de repenser à la reproduction d’un scénario pareil en Tunisie. Nous avons prolongé l’état d’urgence parce que cela aura un effet sur notre lutte contre le terrorisme".

Retour des terroristes des zones de tension

"Tout d’abord, le sujet a pris des dimensions très grandes or ces gens sont en train de fuir la Tunisie et ne veulent certainement pas revenir. Toutefois, nous avons la loi de lutte contre le terrorisme et l’état d’urgence qui nous permettra de travailler correctement sur ce dossier".

Libertés individuelles

"Ceux qui disent qu’il y a un retour en force des anciennes pratiques, sont dans le tort. L’Etat ne mène plus des politiques organisées de torture etc (...) Tout ce qui est dit par les organisations (de la société civile) n’est pas forcement vrai parce que cela n’est pas toujours basé sur des études bien faites. On n’a pas les moyens de contrôler tout le monde mais il faut que tout le monde comprenne que ces failles ne vont pas continuer".

Loi 52

"Le cannabis est une chose et les drogues c’en est une autre. Lors de la campagne électorale, j’ai discuté avec les jeunes et ils m’ont informé de la situation et de la punition concernant la consommation du cannabis. Un an d’emprisonnement c’est trop et je me suis engagé à présenter un nouveau projet de loi pour préserver les jeunes. Je suis toujours engagé sur cette question et je maintiens ma position. J’ai déjà gracié 7000 prisonniers de cette loi.
Il se peut que je convoque le Conseil supérieure de la sécurité nationale et je lui soumettrai cette proposition pour que l’on arrête d’emprisonner les jeunes à cause de cette loi. Je ne gouverne pas tout seul et le Parlement a une responsabilité dans ce sens".

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.