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Quand on est valorisé à l'étranger et rejeté en Tunisie, Ons Mamaï témoigne (vidéo)

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ONS MAMAI
Facebook/Ons Mamai
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“J’étais sûre que je ne pouvais pas trouver de “job” ici en Tunisie,” a martelé la jeune chercheuse Ons Mamaï lors de son interview à Attessia Tv. Fraîchement primée à Washington pour le prix d'Ibn Khaldoun 2017 , Ons est revenu sur les circonstances de sa candidature.

Elle a indiqué qu’une fois qu’elle a terminé sa thèse, elle a décidé de postuler à l’étranger en expliquant que ce n’était pas un choix, mais plutôt une imposition. “Vous serez choqué, mais mon dossier en Tunisie n’était pas à la hauteur,”a-t-elle dit.

Ons a fait savoir que son dossier a été refusé en Tunisie à maintes reprises tandis qu’il a été fortement valorisé à l’étranger. Elle a indiqué qu’une simple conversation skype de moins de 30 minutes lui a permis de décrocher un poste aux Etats-Unis.

Ce témoignage qui ne fait que remettre, encore une fois, en surface la défaillance du système en Tunisie a suscité de fortes réactions de la part des internautes. Presque tous ont exprimé leur regret quant au système démotivant qui pousse les jeunes compétents à quitter le pays.

"Parce que vous êtes des gens qui (...) respectent les études. En Tunisie, ils ne savent qu'exploiter (...) La Tunisie vous a perdue mais vous nous honorez"

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"La raison principale qui nous laisse en retard c'est la fuite des cerveaux"

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Pour sa part, "Maro" a indiqué que les critères de choix en Tunisie sont différents et plus exigeants qu'à l'étranger. "(...) Etudier en Tunisie est plus difficile que de décrocher un poste dans un laboratoire américain de renommé, je vois que c'est une bonne chose en faveur de l'enseignement en Tunisie"

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"Malheureusement c'est la réalité de notre système"

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Certes, la fuite de cerveaux n’est pas un phénomène nouveau, mais ces derniers temps il a pris des proportions inquiétantes. En effet, d’après les derniers résultats du concours annuel d’équivalence autorisant les médecins étrangers à exercer en France, près du tiers des lauréats portent des noms à consonance tunisienne.

D’après le rapport d’Arabe sur le Développement Humain (AHDR), publié le jeudi 1er décembre 2016, le taux de jeunes migrants tunisiens dont la tranche d’âge varie entre 15 et 29 ans est passé de 22% en 1995 à 76% en 2005.

Le rapport révèle qu’en 2010, le taux de chômeurs diplômés représente le double du taux moyen de chômage sur le plan national qui est de 13%. En 2013, le taux de chômage des Tunisiens diplômés a avoisiné les 33%. Selon la même source, le Canada, la Grande Bretagne et les Etats Unis ont taillé la part du lion concernant les migrants qualifiés issus du monde arabe. Cela revient, en effet, à leurs stratégies qui encouragent la migration de travail.

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