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Istiqlal: Nizar Baraka sort du bois!

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NIZAR BARAKA
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VIE POLITIQUE - C’est à travers une tribune publiée hier soir tard chez nos confrères de Assabah et de Medias 24, que Nizar Baraka, actuel Président du Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE), et l’une des figures emblématiques du parti de l’Istiqlal, vient de poser les jalons de ce qui pourrait bien être l’acte fondateur de sa candidature à la tête de cette formation, à quelques semaines de son congrès.

Le timing de cette sortie intervient alors que l’Istiqlal traverse une crise de leadership profonde, qui a poussé l’actuel secrétaire général, Hamid Chabat, à prendre des positions de plus en plus extrêmes au cours des derniers mois, provoquant une crise diplomatique avec la Mauritanie qui l’a exclu de l’alliance gouvernementale, allant même jusqu’à évoquer des "menaces" qui pèseraient sur sa vie, tout en excluant du bureau exécutif du parti nationaliste tous ceux qui ne sont pas sur la même ligne tels les anciens ministres Yasmina Baddou, Toufik Hejira ou encore Karim Ghellab.

En quête de consensus

La sortie de Baraka est à son image : en quête de consensus. Le patron du CESE et ancien ministre des Finances a voulu vraisemblablement éviter un communiqué ou une interview et maîtriser sa communication, exposant les grandes lignes de ce qui ressemble fort à un projet politique basé sur le triptyque Unité, Responsabilité et Espoir.

Un signal qui se veut rassembleur alors même que Baraka estime que l’Istiqlal est "fragilisé, affaibli" et qu’il "apparaît plus controversé, plus divisé, et plus isolé que jamais". En creux, le message est sans ambiguïté : l’Istiqlal a besoin d’un "choc" afin de reconstruire son offre politique, et doit sortir sans attendre de la position marginale dans laquelle l’actuelle direction du parti l’a placée. Sans jamais évoquer le rôle qu’il pourrait jouer dans cette refondation, Baraka veut toutefois apparaître comme une figure de rassemblement, celle qui pourrait fédérer des courants internes très divisés, d’où son appel à "faire du prochain congrès un moment de réconciliation, de consolidation de la confiance, et un moment d’unité".

Si, au cours des prochaines semaines, se matérialisait la candidature de Nizar Baraka pour remplacer Hamid Chabat, l’on pourrait alors assister à un saut générationnel inédit à la tête du vieux parti nationaliste. Pour cela, Baraka présente plusieurs atouts, dont la légitimité d’être le petit-fils du fondateur et figure tutélaire du parti, Allal El Fassi, mais également une solide expérience gouvernementale. Figure moins clivante, la candidature de Nizar Baraka pourrait par ailleurs signer l'entrée de l'Istiqlal dans la coalition gouvernementale. Toutefois, face au tribun populiste redoutable qu’est Hamid Chabat, et les soutiens que ce dernier a disséminés au sein de toutes les instances du part, la bataille promet d’être rude.

BIO EXPRESS

Nizar Baraka, docteur en sciences économiques à l’Université Aix-Marseille et diplômé en économétrie à la Faculté de droit Mohammed V-Agdal rejoint le ministère des Finances en 1996 où il assumera plusieurs postes de responsabilité, dont celui de directeur-adjoint de la direction des études et des prévisions financières.

Il est nommé ministre de l’Economie et des finances par le roi Mohammed VI, en janvier 2012, après avoir occupé le poste de ministre délégué auprès du Premier ministre chargé des Affaires économiques et générales.

Le 21 août 2013, il est cette fois-ci nommé président du Conseil économique, social et environnemental (CESE) par le roi Mohammed VI.

Le président du CESE a rejoint les rangs du Parti de l’Istiqlal en 1981 et a été élu membre du conseil national du parti (1989), membre du comité central (1998), puis membre du comité exécutif en 2003.

Président de la commission économique et de la commission des relations extérieures du parti en 2009, il a supervisé la commission chargée de l’élaboration de la conception du parti sur la régionalisation avancée en 2010 et de l’élaboration du programme électoral du parti lors des communales de 2009 et des législatives de 2011.

Vice-président de l’Internationale démocratique africaine des partis du centre depuis 2005, Nizar Baraka est actif dans nombre d’associations et organisations nationales et internationales.

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