Quand Donald Trump donne une conférence à la presse, mais pour dire tout le mal qu'il pense d'elle

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ÉTATS-UNIS - Il a sorti la sulfateuse. Jeudi 16 février, en fin de matinée à l'heure américaine, Donald Trump a donné une conférence de presse particulièrement attendue, qui risque de laisser un souvenir amer à une large partie de la presse locale. Et pour cause, alors que sa déclaration devait porter sur la nomination d'un nouveau ministre du Travail, le président des États-Unis a rapidement expédié la nouvelle pour se lancer à tombeau ouvert dans une autre direction: la critique des médias.

Pendant plus d'une heure, le milliardaire a sans cesse trouvé un moyen de revenir sur cette question, répétant à qui voulait l'entendre que la presse était "malhonnête", qu'elle "dénigrait ses actions en faveur du pays" et qu'elle ne méritait rien d'autre que ses "mauvaises audiences". Une litanie pratiquement surréaliste, même venant d'un homme aussi accoutumé des déclarations chocs.

Comme le montre notre vidéo en tête d'article, Donald Trump est également maintes fois revenu sur le concept de "fake news", selon lequel les informations diffusées par les médias seraient contraires à la réalité. Il a même rebaptisé les reporters de CNN, qu'il affublait de ce patronyme, en "very fake news", des infos très fausses.

Le président n'a pas non plus hésité à se contredire en des termes qui seraient risibles s'il n'était pas l'homme le plus puissant de la planète. Interrogé sur les nombreuses fuites d'informations des derniers jours, il a déclaré sans sourciller que si "les fuites dans la presse étaient réelles, les informations ne l'étaient pas" ("Leaks are real, news are fake").

Heureusement qu'il avait commencé par prévenir: "Demain, tous les médias vont dire que j'attaque et que je divague sur la presse. Mais je ne le fais pas. Je dis juste que vous êtes malhonnêtes..."

"Je n'ai rien à voir avec la Russie"

Attendu sur les questions internationales, Donald Trump a tout de même répondu aux dernières révélations de la presse, fondées sur des fuites. Après plusieurs jours de crise au sommet de l'État, il a démenti toute collusion avec la Russie de Vladimir Poutine pendant la campagne électorale, lors de laquelle les renseignements russes sont accusés d'avoir piraté des proches d'Hillary Clinton.

"Je n'ai rien à voir avec la Russie. À ma connaissance, aucune des personnes qui m'entourent non plus", a ajouté le président américain. Le milliardaire a refusé de dévoiler son jeu quant à un éventuel rapprochement avec Moscou, laissant entendre que tout nouveau départ dans la relation n'était pas automatique et devrait d'abord servir les intérêts américains.

La confrontation de plus d'une heure avec la presse a aussi été l'occasion pour Trump de s'expliquer sur le limogeage de son conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn. Ce proche conseiller est tombé lundi soir après la révélation qu'il avait menti sur le contenu de ses conversations avec l'ambassadeur russe à Washington, en décembre.

Donald Trump a d'une part défendu Michael Flynn et estimé que parler de sanctions entrait dans le cadre général de son travail. Mais d'autre part, il a confirmé qu'il l'avait limogé parce qu'il n'avait pas dit la vérité. Là encore, la presse était au centre de ses critiques: "Vous pouvez dire ce que vous voulez sur la Russie, ce sont de fausses informations fabriquées pour compenser la défaite des démocrates, et la presse joue le jeu", a-t-il dit.

Il a annoncé avoir demandé au ministère de la Justice d'enquêter sur "les fuites criminelles", émanant selon lui d'anciens de l'administration Obama.

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