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Tunisie: Ces deux bacheliers risquent de rater l'examen de baccalauréat pour avoir fumé un joint

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Deux jeunes élèves de 18 ans du lycée Mongi Slim de Siliana ont été arrêtés dimanche, le 12 février, pour consommation de cannabis. Les deux jeunes hommes vont comparaitre devant le juge, le 16 février. À moins de quatre mois de l'examen national de baccalauréat, ils risquent de ne pas pouvoir passer le concours normalement. En effet, la loi 52 sur les stupéfiants qui prévoit une peine minimale d'un an de prison pour consommation de stupéfiants et interdit aux magistrats de prendre en compte des circonstances atténuantes.

"Ces jeunes là, personne n'en entendra parler, ils sont de Siliana, pas de Tunis, des gens ordinaires, pas des artistes connus...ces élèves et leurs familles croyaient qu'ils allaient passer leur bac, ils risquent un an de prison pour un joint...entre-temps, nos députés discutent encore de la nécessité de maintenir des peines privatives de liberté pour les consommateurs du cannabis", a fustigé l'avocat et fondateur du collectif Al-Sajin 52.

Il est à noter qu'en 2016, quelque 6700 personnes sur un total de 23 553 prisonniers sont incarcérées pour consommation de drogues, selon une déclaration faite par le ministre de la Justice, le 3 janvier courant, devant la commission de la législation générale à l’Assemblée des représentants du peuple à l'occasion de l'examen par la commission de la législation générale du projet de loi relatif aux stupéfiants proposé par le ministère de la Justice.


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Le nombre de procès pour consommation de stupéfiants a été multiplié par huit entre 2000 et 2016

On ne cesse de dénoncer une loi considérée "répressive" dont le coût social et les répercussions sur la jeunesse révoltent les organisations de défense des droits de l'homme nationales et internationales. À signaler que la charge de chaque prisonnier par jour est estimée à 21 dinars tunisiens (DT) ce qui élève la charge des détenus pour consommation de drogue à 38.000.000 DT par an. Le taux énorme de ressources financières et humaines investies pour des délits mineurs seraient plus bénéfiques dans le combat du crimes organisés, a souligné l'organisation internationale Human Rights Watch (HRW), dans son rapport "Tout ça pour un joint”.

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