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La Tunisie est-elle menacée par la bactérie "tueuse d'oliviers"?

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OLIVIER
Nejma Rondeleux pour HuffPost Algérie
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Xylella fastidiosa, voilà le nom de la terrible bactérie qui ravage les oliviers. Ce désastre végétal a été identifié en Corse puis aux Iles Baléares et maintenant c’est le tour de l’Espagne qui s'en trouve menacée.

Ses symptômes?

Ses symptômes consistent essentiellement en la brûlure des feuilles notamment dans les stades les plus avancés, le dessèchement des rameaux, suivis de la mort de l’arbre dans les cas les plus graves (laurier-rose, oliviers, amandiers et chêne.)
En cas de détection de la Xylella Fastidiosa, l’olivier infecté doit immédiatement être arraché et brûlé.

La Tunisie est-elle menacée?

Progressant de plus en plus en direction du sud de la Méditerranée, cette bactérie est dans le viseur de l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l'agriculture (FAO) qui a mis en place un programme d’assistance à la prévention pour plusieurs pays de la région Moyen Orient-Afrique du Nord dont notamment la Tunisie, le Maroc et le Liban.

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En effet, un atelier de formation sur la bactérie “Xylella fastidiosa” regroupant une quarantaine de spécialistes dans la protection des végétaux des différentes régions oléicoles de la Tunisie et de la Libye, a été clôturé, vendredi 3 février à Gammarth (banlieue nord de Tunis). A travers cet atelier, les agriculteurs de l’olivier ont été spécialement formés pour détecter immédiatement les symptômes et ont pris connaissance des meilleures pratiques visant à contrer les effets néfastes de cette bactérie sur l’olivier en particulier.

Aucun cas n’a été détecté en Tunisie

“Pour le moment, nous n'avons aucune menace” a déclaré le chargé de la communication au sein du ministère de l’Agriculture, Aniss Ben Rayana. Contacté par le HuffPost Tunisie, Ben Rayana a affirmé que jusqu’à présent aucun cas n’a été détecté. Il a indiqué, par ailleurs, que des mesures de précaution ont été prises depuis plus d'une année.

Les mesures prises

Parmi les mesures prises figurent l’interdiction de l’importation de plants d’oliviers et des plantes ornementales venus de pays ayant connu une propagation de la bactérie Xylella Fastidiosa, indique une circulaire du ministère de l’Agriculture datant du 27 décembre 2016.

Selon le chargé de la protection des végétaux au bureau sous régional de l’organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) pour l’Afrique du Nord, Noureddine Nasr, des visites de terrain devront être organisées pour examiner la situation actuelle des plants importés. Il a souligné la nécessité de prospection vu que le risque de déplacement des insectes est important.

En cas de soupçon, l’agriculteur est appelé à informer les autorités en question

L'agriculteur qui soupçonne l'existence de la bactérie Xylella Fastidiosa, dans ses champs, devra informer le Commissariat régional de développement Agricole dans sa région et le laboratoire régional relevant de la direction générale de la protection végétale, a indiqué, la sous-directrice du contrôle phytosanitaire, au ministère de l’agriculture, des ressources hydrauliques et de la pêche, Fathia hlali, à l’Agence TAP.

Elle a fait savoir que dans chaque gouvernement, il y a un représentant du département de l’agriculture, qui a bénéficié d’une formation des formateurs sur la Xylella Fastidiosa pour superviser le travail des agriculteurs, les sensibiliser et effectuer le prélèvement au cas de besoin. Ce représentant se déplace pour prendre un prélèvement auprès de l’agriculteur et l’échantillon devra être prélevé immédiatement et mis dans une glacière pour conserver la qualité sanitaire de l’échantillon.

Actuellement en Tunisie, il n’y a que le laboratoire de quarantaine à Tunis qui dispose des techniques nécessaires pour effectuer les analyses de la Xylella Fastidiosa. Donc deux échantillons sont prélevés, le premier pour le laboratoire régional, relevant de la direction générale de la protection végétale pour effectuer les premières analyses car les symptômes la Xylella Fastidiosa ressemblent aux symptômes de sécheresse ou aux champignons. Concernant le deuxième échantillon, il est envoyé au laboratoire de quarantaine à Tunis, a-t-elle expliqué.

Acquisition de 4 appareils “LAMP-PCR”, pour la détection de la Xylella Fastidiosa

La Tunisie va, prochainement, acquérir quatre appareils “LAMP-PCR”, permettant de détecter la bactérie Xylella Fastidiosa, pour un coût global de 40 mille dinars, a fait savoir la sous-directrice du contrôle phytosanitaire, au ministère de l’agriculture, des ressources hydrauliques et de la pêche, Fathia Hlali.

Ces appareils ont été inscrits au budget du département de l’agriculture, a t-elle précisé, “mais nous attendons le démarrage du budget”. Cette nouvelle technique de détection de la bactérie Xylella Fastidiosa par l’amplification de l’ADN, mise à jour par l’IAM (Institut Agronomique Méditerranéen) de Bari (Italie) est moins coûteuse. Elle permet et de gagner de temps grâce à l’obtention des résultats de l’analyse de la Xylella Fastidiosa, en 4 heures.

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