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Le Maroc et l'Espagne démantèlent un réseau de trafic de migrants

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MIGRANTS ARREST
Hani Amara / Reuters
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MIGRATION - C'est l'un des réseaux les plus importants dédiés au trafic et à la traite d'être humains qui vient d'être démantelé par l'Espagne et le Maroc. Dans un communiqué diffusé mardi, le ministère de l'Intérieur espagnol annonce une dizaine d'arrestations liées à cette "organisation d'origine nigériane" qui s'activait dans le détroit de Gibraltar.

Le réseau, démantelé avec l'aide de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), est également soupçonné d'exploitation sexuelle.

Selon la police espagnole, l'opération s'est déroulée en deux phases. La première, qui a eu lieu sur le sol espagnol, a permis l'arrestation de sept personnes spécialisées dans l'exploitation sexuelle des femmes d'origine nigériane.

L'enquête avait été ouverte en août 2015. La police espagnole avait alors localisé une victime nigériane de traite d'êtres humains, âgée de 16 ans seulement, dans un centre d'accueil pour mineurs à Sebta. Les investigations menées ont conduit les agents espagnols à une organisation criminelle dont la majorité des membres est basée à Torrevieja, une commune près d'Alicante.

39 victimes découvertes

Au cours de l'enquête, 39 femmes qui étaient exploitées sexuellement par les membres de ce réseau ont été découvertes, a fait savoir la police espagnole. Les victimes auraient été contraintes à se prostituer douze heures par jour, sept jours sur sept.

Mais encore, toujours selon la police espagnole, les victimes étaient détenues dans des conditions de vie atroces. Elles se nourrissaient exclusivement de pain et devaient à chaque fois présenter leurs tickets de supermarché pour prouver qu'elles n'avaient pas acheté autre chose.

Si elles entravaient le règlement du réseau, elles risquait alors d'écoper de punitions et d'amendes, considérées comme des "dettes" envers les passeurs. En outre, les victimes étaient obligées de partager la même pièce pour dormir.

Lors de la "deuxième phase de l'opération", la police a pu localiser les autres membres de l'organisation, basés au Nigeria et au Maroc, qui recrutaient les victimes.

Selon les données du ministère espagnol de l'Intérieur, citées par l'AP, près de 17.000 migrants sont arrivés en Espagne depuis des pays africains en 2015.

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