Geert Wilders, le député néerlandais déterminé à "désislamiser" les Pays-Bas

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GEERT WILDERS
Dutch far-right Party for Freedom (PVV) leader Geert Wilders sits in a courtroom of the courthouse in Schiphol, the Netherlands March 18, 2016. REUTERS/Michael Kooren | Michael Kooren / Reuters
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EXTRÊME DROITE - "Désislamiser" les Pays-Bas si son Parti pour la Liberté (PVV) remporte les élections. C'est la promesse du député Geert Wilders, annoncée lors d'une interview diffusée vendredi 10 février à la chaîne de télévision publique néerlandaise WNL.

À un mois des élections, le populiste a fait de ses propos anti-islam l’argument-clé de sa campagne électorale. Ses promesses sont claires et sans retenue : fermer toutes les mosquées et prohiber tout symbole de la religion musulmane.

Dans son interview à WNL, le politicien d’extrême droite compare aussi les mosquées aux "temples Nazi", et veut interdire la vente du coran dans les librairies néerlandaises, comme est interdit l'ouvrage d’Hitler Mein Kampf, dit-il.


Un petit air de Trump

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Sa coupe de cheveux n'est pas le seul critère qui pousse les internautes à comparer Wilders au président américain Donal Trump. Son programme anti-immigration lui vaut aussi ce rapprochement. Dernière sortie en date, la déclaration de Wilders à WNL est un rappel de son manifeste d’une page intitulé "Les Pays-Bas à nouveau à nous", que l'homme d’extrême droite avait dévoilé en août 2016. Il s’y engageait alors à fermer les frontières du pays et empêcher les migrants en provenance de pays musulmans d’entrer sur le sol néerlandais.

Wilders compte aussi fermer toutes les écoles islamiques, interdire le port du voile en public et condamner toute autre forme "d’expression islamique qui porte atteinte à l’ordre public", comme l'indique son manifeste. Le document révèle aussi l’intention de Wilders de quitter l’Union Européenne pour que les "Pays-Bas retrouvent leur indépendance".

Le parti est en tête des sondages depuis maintenant plusieurs mois, porté par le sentiment d'anxiété depuis la série d’attaques terroristes survenues dans différents pays européens.

Un parti sans appui

Pour former un gouvernement aux Pays-Bas, les partis se voient souvent obligés de nouer des alliances. Cependant, la plupart d'entre eux ont clairement annoncé qu’ils ne soutiendrait pas Wilders. Pour l’occasion, le premier ministre libéral, Mark Rutte, réactive son compte Twitter et s’adresse à Wilders : "Zéro pour cent, Geert. Zéro pour cent. Ça n’arrivera jamais".

Moins de deux heures plus tard, le populiste lui répond sur la même plateforme : « Ce sont les électeurs qui dirigent le pays Mark. À 100%. Et personne aux Pays-Bas ne vous croit.»

De leur côté, les plus grandes multinationales néerlandaises dont Shell, Unilever, Philips ou encore Ahold Delhaize, veulent aussi montrer leur position quant à la politique de Wilders et proposent un plan pour empêcher l’ascension des partis populistes.

En 2016, Wilders a été jugé coupable d’incitation à la haine et racisme contre les Marocains des Pays-Bas, suite à des propos qu’il avait tenu en 2014 lors d’un meeting électoral pour les élections communales, en promettant à ses militants "moins de Marocains aux Pays-Bas". Le tribunal a désigné Wilders coupable sans toutefois lui infliger de sanction.

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