Antiterrorisme: Amnesty inquiète du retour de "méthodes brutales" en Tunisie

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TORTURE
In this photo, reviewed by a U.S. Department of Defense official, a Guantanamo detainee's feet are shackled to the floor as he attends a "Life Skills" class inside the Camp 6 high-security detention facility at Guantanamo Bay U.S. Naval Base in this file pool photo taken April 27, 2010. Nearly two-thirds of Americans believe torture can be justified to extract information from suspected terrorists, according to a Reuters/Ipsos poll, a level of support similar to that seen in countries like Niger | POOL New / Reuters
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Amnesty International s'inquiète d'une recrudescence "importante" de "méthodes brutales du passé" en Tunisie dans le cadre de la lutte antiterroriste, à la faveur notamment de l'état d'urgence, selon un rapport publié lundi, le 13 février.

La Tunisie a connu à partir de mars 2015 une série d'attaques jihadistes sanglantes qui ont fait plusieurs dizaines de morts.

En réaction, les autorités ont pris un ensemble de mesures sécuritaires dont l'état d'urgence, en vigueur depuis l'attentat contre un bus de la garde présidentielle en novembre 2015 à Tunis (12 agents tués).

En "recourant de plus en plus aux lois d'exception" et aux "méthodes brutales du passé", la Tunisie met "en péril les avancées obtenues" depuis la révolution de 2011, prévient Amnesty International dans un rapport sur les "violations des droits humains sous l'état d'urgence".

"Torture", "arrestations arbitraires", "perquisitions" parfois menées en pleine nuit et "sans mandat", "restriction des déplacements des suspects", "harcèlement de proches": l'ONG fait état de "récits glaçants" qui, selon elle, marquent une "hausse inquiétante du recours à des méthodes répressives contre les suspects dans les affaires de terrorisme".

Ces témoignages constituent un "sinistre rappel du régime" de Zine el Abidine Ben Ali, poursuit Amnesty.

Elle précise avoir étudié "23 cas de torture et mauvais traitements depuis janvier 2015", dont un "viol" présumé. Elle relève aussi que "des milliers de personnes ont été arrêtées" tandis qu'"au moins 5.000" autres "se sont vu interdire de voyager" depuis que l'état d'urgence a été réinstauré.

L'état d'urgence, prolongé le 17 janvier pour un mois, octroie notamment des pouvoirs d'exception aux forces de l'ordre.

"Certains droits, tels que l'interdiction de la torture, ne peuvent être suspendus en aucune circonstance", argue Amnesty International.

"Donner toute latitude aux organes chargés de la sécurité pour se comporter comme s'ils étaient au-dessus des lois ne permettra pas de garantir la sécurité", renchérit sa directrice des recherches pour l'Afrique du nord, Heba Morayef.

Au terme d'une mission ce mois en Tunisie, le rapporteur de l'ONU sur les droits de l'Homme et la lutte antiterroriste, Ben Emmerson, s'est dit "préoccupé" par les conditions de détention. Il a également indiqué avoir recommandé une plus grande "vigilance" vis-à-vis de possibles cas "de torture".

Dans un récent rapport, un réseau d'ONG a pour sa part exhorté Tunis à revoir sa loi antiterroriste adoptée à l'été 2015.

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