Gouvernance: le président de la commune de Sidi Ali Ben Hamdouch ne se refuse rien

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FONDS PUBLICS - Sidi Ali Ben Hamdouch, son Moussem, sa nature verdoyante, et la Jeep du président de la commune. Depuis deux jours, une image affole les utilisateurs marocains du réseau social Twitter, celle d’un véhicule de luxe affecté au président de la commune de ce petit village situé à proximité de El Jadida.

Le véhicule en question, dont la plaque d’immatriculation comporte le fameux "J" rouge faisant référence à la "Jamaâ" (Commune) est une Jeep Cherokee qui se vend au Maroc dans un ordre de prix allant de 400.000 à 500.000 dirhams en fonction des options.

Postée le 10 février dans l’après midi, l’image du 4X4 de luxe du Président de la commune a depuis été reprise plusieurs dizaines de fois par des utilisateurs du réseau social.

Contacté par le HuffPost Maroc, Abdelghni Chemlal, élu du parti de l'Istiqlal à la commune de Sidi Ali Ben Hamdouch, explique que "l'opposition a fait part de son vif rejet à cet achat. Au départ, il a été question de consacrer 200.000 dirhams à l'achat d'une voiture. Nous avons, par la suite, été surpris lorsque le budget consacré à l'achat d'un véhicule a été revu à la hausse, pour atteindre 400.000 dirhams".

"La commune possède déjà deux voitures, une Dacia et une Toyota Corolla qui, toutes deux, sont en bon état de fonctionnement. Rien ne justifiait l'achat d'une Jeep", s'indigne Chemlal, qui ajoute que le véhicule en question "est généralement utilisé hors du périmètre de la commune par le fils du président".

Abdelghni Chemlal considère par ailleurs que ce budget aurait dû aller en priorité à d'autres projets, citant notamment "le raccordement à l'eau potable. La commune souffre en effet d'énormes carences en la matière, et ce, depuis 2009".

L’affaire est embarrassante pour la petite commune de Sidi Ali Ben Hamdouch, qui compte près de 28.000 âmes et dont le responsable de commune semble pour le moins avoir des goûts de luxe. De surcroît, ce scandale éclate dans un contexte ou les communes et autres collectivités locales sont régulièrement pointées du doigt par l’opinion pour les dépenses somptuaires dont elles sont coutumières. Il y a quelques semaines, une polémique similaire éclatait autour d’un véhicule de sport appartenant également à une collectivité locale non identifiée aux alentours de Casablanca, et qui roulait en plus le dimanche.

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