À Casablanca, l'Église du Sacré Cœur fait peau neuve (VIDÉO)

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SACR COEUR CASA
Henri Margueritte/HuffPost Maroc
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PATRIMOINE - Construite entre 1930 et 1959 sur les plans de l'architecte français Paul Tournon, l'Église du Sacré Cœur a été désacralisée peu après sa construction, et reste à ce jour l'un des joyaux architecturaux de Casablanca. Sa vocation aujourd'hui? Accueillir des évènements culturels ou musicaux. La rénovation dont elle fait actuellement l'objet a ainsi pour objectif de reconvertir cet ancien lieu saint en espace socio-culturel. Les deux annexes de l'édifice devront notamment permettre aux étudiants des Beaux-Arts de Casablanca de venir s'y exercer et, pourquoi pas, d'y exposer leurs oeuvres.

Une réhabilitation en collaboration étroite avec la ville d'Amsterdam

Avec un budget de rénovation s'élevant à 25 millions de Dirhams, entièrement financés par la Direction générale des collectivités locales, la réhabilitation de cet ancien lieu sacré, doté d'une hauteur sous plafond vertigineuse, implique une attention particulière à certains détails, notamment acoustiques.

Pour remédier ainsi à l'écho qui résonne dans l'édifice lors des événements musicaux, CasaPatrimoine, l'organisme en charge de la réhabilitation de l'Église, a tenu à se faire épauler par la municipalité d'Amsterdam, aux Pays-Bas. Une collaboration qui peut surprendre, mais justifiée par le fait que les villes de Casablanca et d'Amsterdam sont jumelées depuis 2008. "Les Hollandais sont des pionniers dans le domaine culturel, de l'acoustique, de la scénographie, et de la réhabilitation d'anciens édifices", déclare par ailleurs au HuffPost Maroc une responsable de CasaPatrimoine, lors d'une visite du chantier récemment organisée.

Une rénovation qui fait débat

Depuis quelques semaines, la rénovation de l'édifice est au coeur d'un scandale. Relayée par la presse nationale mais aussi des associations de défense du patrimoine, la disparition de nombreux éléments architecturaux, dont des vitraux et des ornements de porte volatilisés dans le remue-ménage des travaux.

Architecte en charge des travaux de rénovation, Abderrahim Kassou apporte son son de cloche au HuffPost Maroc : "Les éléments auxquels font allusion les médias ne sont en aucun cas des éléments historiques ou originaux. Les éléments ont été retirés, inventoriés et repérés sur plan. Nous les avons déposés dans les règles de l'art, sous la supervision du conservateur national des éléments historiques."

Interpelé sur la question, le maire de la Métropole, Abdelaziz El Omari, a décidé la mise en place d'une commission dans le but de superviser la rénovation de l'édifice.

En attendant la réouverture de ses portes prévue en 2018, visite de l'Église du Sacré Cœur, comme si vous y étiez :

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