Non, Donald Trump n'a pas autorisé les Marocains à se rendre aux États-Unis sans visa

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HOAX – C’est une rumeur qui affole les réseaux sociaux depuis quelques jours. Reprise en masse sur Facebook et Twitter, elle affirme que "le Président des États-Unis, Donald Trump, aurait signé un décret autorisant tous les ressortissants marocains à se rendre aux États-Unis sans visa". À l’origine, un article publié sur le site Internet en anglais CNN Channel, qui n’a rien à voir avec la célèbre chaîne d’information en continu CNN.

Bien que l’article en question soit étonnamment en français sur un site en anglais, cela n’a pas empêché les Marocains de partager massivement ledit article, entraînant probablement des espoirs fous pour des centaines de candidats à l’immigration.

Pourtant, l’information est totalement fausse et dénuée de tout fondement, bien que les auteurs tentent de justifier -maladroitement- leur article en affirmant que "le commerce et les accords bilatéraux sur les visas ont été discutés par Trump et les diplomates marocains aux États-Unis".

"Toutefois, les Marocains qui ont la double nationalité seront interdits d'entrer aux États-Unis si leur autre passeport est de la Syrie, de l'Irak, de l'Iran, du Soudan, de la Libye, de la Somalie et du Yémen", ajoute l'article, comme pour conférer un semblant de crédibilité à ce qui s'apparente pourtant à un canular.

L'ère du "fake news"

Concernant le Maroc, le site de l'Ambassade et des consulats des États-Unis n'a bien entendu pas désactivé les onglets relatifs aux demandes de visas, mais rappelle simplement la décision présidentielle du 27 janvier dernier, précisant que "l'accord de visa aux ressortissants de l'Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen est suspendu avec effet immédiat jusqu'à nouvel ordre".

Les auteurs de ce canular n’en seraient pas à leur coup d’essai, puisque HuffPost Maroc a pu retracer la publication d’articles similaires concernant d'autres pays, comme la Côte d'Ivoire, le Sénégal, ou encore Madagascar.

Comme pour celui consacré au Maroc, les articles en question ont connu un écho considérable. Au-delà du simple canular, ces articles constituent vraisemblablement une tentative de créer du contenu "clickbait", c’est à dire avec un fort potentiel de clicks, et donc, de revenus publicitaires liés. Paradoxalement, cette dissémination de fausses informations intervient à un moment crucial pour les éditeurs de sites d’information et les responsables des réseaux sociaux en Europe et aux États-Unis, qui tentent de mener un front commun afin de lutter contre les "fake news" (fausses nouvelles).

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