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Architectes en colère: Encore un corps de métier tunisien au centre d'une polémique

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ARCHITECTES EN COLRE
Facebook/Architectes en colère
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"Architectes en colère" est le nom du nouveau groupe constitué par de jeunes et moins jeunes architectes tunisiens qui ont décidé de briser le silence et de crier leur mécontentement.

architecte

Pour cause, des conditions de travail qualifiées de catastrophiques par les protestataires qui dénoncent le favoritisme, la corruption et les multiples dépassements que vit le secteur.

Les "Architectes en colère" ont tourné un spot, diffusé sur internet, où ils ont choisi le slogan "Le verre est plein", pour manifester leur désespoir et leur dégoût pour un métier qui représentait, pour eux, le début d’un rêve.

Un sit-in les a réunis devant le siège de l’Ordre national des architectes tunisiens, le 8 février 2017 sous le signe de la liberté d’expression et la lutte contre le favoritisme et la corruption.

architectes en colère
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Les raisons?

Intervenant sur les ondes d’Express Fm, Elyes Darghouth et Yassine Maali, membres organisateurs du sit-in, sont revenus sur les causes et les revendications de leur mouvement protestataire. Ils ont expliqué que ce sit-in a pour objectif de dénoncer l’attitude et les agissements du conseil de l’ordre qui ne cesse de dévier de sa principale mission en précisant que ce dernier ne se préoccupe plus des problèmes de la profession.

Darghouth a ajouté que le déclic du mouvement revient au fait que deux collègues ont été convoqués pour un conseil disciplinaire sur fond de publications facebook. “C’est d’ailleurs cette raison qui a motivé le choix de la date symbolique du 8 février pour le sit-in, car c’est la date des deux conseils de discipline, en question” a-t-il renchéri.

Que dit l'ordre des architectes de Tunisie?

De son côté, le président de l'ordre des architectes de Tunisie (OAT), Aymen Zriba, a indiqué, sur Express Fm, qu’il n’existe aucune communication entre l’Ordre des architectes et le groupe des protestataires. "Ils n’ont jamais pris contact avec l’Ordre en ce qui concerne leurs revendications", a-t-il révélé. Il a, en revanche, ajouté que l’Ordre lui-même est mécontent des conditions dans lesquelles travaillent les architectes en Tunisie.

En ce qui concerne l’architecte qui est passé devant le conseil de discipline, Zriba a assuré que l’intéressé n’a pas été convoqué à cause d’une publication Facebook, comme l’ont avancé les protestataires, mais parce qu’il a été sanctionné pour faute professionnelle.

Interrogé sur la rupture prononcée entre l’Ordre et les architectes en colère, Zriba a contesté le mot employé en expliquant qu’il s’agit plutôt d’un effet provoqué par l’injustice et la frustration que vivent la plupart des architectes tunisiens dont les conditions sont très difficiles. Selon le concerné, l’Ordre n’est pas l’unique responsable de cette situation et ce contrairement à ce que pensent certains. Pour lui, la principale tâche de l’Ordre c’est de chercher à protéger les intérêts de ses adhérents. Et d’ajouter que si rupture il y a, elle est plutôt causée par l’autre partie.

Face à ce bras de fer et l'échange d’accusations entre l’OAT et les architectes en colère, c'est encore un corps de métier qui se retrouve au centre d'une nouvelle polémique.

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