11% des enfants d'immigrés en France sont d'origine marocaine

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ÉTUDE - 11% de la population française a au moins un parent immigré, et parmi eux, 11% sont nés d'un parent marocain. C'est ce que relève l’étude de l'Institut national de la statistique et des études économiques, parue le 8 février dernier et menée sur la base de l'enquête annuelle de recensement de 2015 de l'INSEE.

"En 2015, 7,3 millions de personnes nées en France ont au moins un parent immigré, soit 11 % de la population. L’origine des descendants d’immigrés est le reflet des flux d’immigration qu’a connus la France depuis plus d’un siècle", peut-on lire en introduction de l'étude publiée sur le site de l'institut français de la statistique.

La majorité de ces descendants sont certes des enfants d’immigrés européens (45%), notamment de provenance d’Espagne, de Portugal et d’Italie, mais le nombre d’immigrés provenant du Maghreb est aussi considérable. En effet, 31% des descendants d’immigrés ont au moins un parent algérien (15%), marocain (11%), ou tunisien (5%). D’après l’étude, ces descendants sont le résultat d’une vague d’immigration qui a commencé après la guerre d’indépendance pour les Algériens et à la fin des des années soixante pour les Marocains.

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Note : le pays d'origine est celui du parent immigré ou celui du père si les deux parents sont immigrés.
Source : Insee, enquête Emploi de 2015, enquête annuelle de recensement de 2015.

À partir du milieu des années soixante-dix, l’immigration a concerné davantage les pays de l’Afrique (hors Maghreb) ou de l’Asie, précise l'INSEE. Pour ces autres régions, le flux d’immigration a été moins important avec seulement 11% des descendants ayant au moins un parent né en Afrique subsaharienne et 9% ayant au moins un parent né en Asie.

Les descendants d'origine maghrébine sont les plus jeunes

L'étude établit par ailleurs que les descendants d'immigrés sont plus jeunes que ceux dont les parents ne sont pas immigrés. Presque la moitié d’entre eux (47%) sont âgés de moins de 25 ans contre un tiers (30%) pour les autres. De plus, les descendants d'origine maghrébine sont les plus jeunes : six sur dix d’entre eux ont moins de 25 ans.

D’un autre côté, seulement 23% des descendants d’immigrés sont âgés de 50 ans ou plus (dont 88% d’origine européenne), contre 37% pour les personnes n’ayant pas de parents immigrés.

Si l’âge de la majorité encouragerait les jeunes à quitter le foyer familial, les descendants d’immigrés eux seraient plus réticents à le faire. En effet, 77% des jeunes descendants âgés de 18 à 24 ans habitent toujours avec leurs parents et les descendants âgés de 25 à 34 ans ont deux fois plus de chance de vivre chez leurs parents que les autres français. Cette tendance est plus notable chez les descendants d’origine africaine ou asiatique que ceux d’origine européenne.

Il semblerait aussi que même pour les 25 ans ou plus qui vivent seuls, en couple ou qui ont déjà un enfant, l’éloignement des parents ne soit pas une option. Ces descendants préfèrent vivre dans la même zone géographique que les immigrés de même origine.

Une fois avoir quitté le foyer familial, les deux tiers de ces descendants de plus de 25 ans choisissent un conjoint sans aucun lien avec la migration. Les descendants sont souvent issus d’un couple mixte, ce qui favorise la mixité dans leurs propres relations. Les autres, qui choisissent d’être en couple avec une personne immigrée ou descendante d’immigré sont le plus souvent issus de deux parents immigrés.

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