Donald Trump défend "l'autorité du président" et la légalité de son décret anti-immigration devant la Cour d'appel

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DONALD TRUMP
WASHINGTON, DC - FEBRUARY 6: President Trump disembarks Marine One on the South Lawn of the White House in Washington, DC on Monday, Feb. 06, 2017. Trump returns from a weekend trip to Florida. (Photo by Jabin Botsford/The Washington Post via Getty Images) | The Washington Post via Getty Images
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Critiquée de toutes parts pour son décret anti-immigration, l'administration Trump a affirmé que la mesure relevait entièrement de "l'autorité du président" et dénoncé l'interprétation "très excessive" du juge fédéral qui en a bloqué l'application.

La Maison Blanche fait face à une double offensive judiciaire et politique contre ce décret controversé qui bloque l'entrée des ressortissants de sept pays (Iran, Irak, Libye, Somalie, Soudan, Syrie, Yémen) pour trois mois et gèle pendant quatre mois l'accueil de réfugiés.

Ce "décret est un exercice légal de l'autorité du président sur l'entrée des étrangers aux Etats-Unis et l'admission des réfugiés", peut-on lire dans le document soumis ce lundi 6 février dans la soirée par le ministère de la Justice à la Cour d'appel fédérale de San Francisco.

"La menace du terrorisme lié à l'islam radical est bien réelle, regardez ce qu'il se passe en Europe ou au Moyen Orient. La justice doit agir vite ! ", a-t-il lancé sur Twitter dans la soirée de lundi.

Audience mardi après-midi

Une nouvelle étape de cette bataille judiciaire doit se dérouler mardi à 15H00 locales au cours d'une audience téléphonique des deux parties avec la Cour, qui doit statuer sur la décision de suspendre le décret sur tout le territoire américain prise vendredi par un juge de Seattle, James Robart.

Donald Trump a promis lundi des "programmes forts" de contrôles aux frontières pour empêcher la venue du "terrorisme islamique radical" aux Etats-Unis, au moment où la décision la plus emblématique de son début de mandat est également contestée dans la rue et attaquée par les plus grosses entreprises de la high-tech, un secteur reposant énormément sur des talents étrangers.

Le blocage du décret a de fait rouvert les portes du pays aux étrangers visés par le texte. En visite au commandement militaire chargé du Moyen-Orient (Centcom), le président républicain a promis lundi de vaincre le "terrorisme islamique radical" et de ne pas le laisser "prendre racine dans notre pays".

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Pour ce faire, "nous avons besoin de programmes forts pour que les gens qui aiment notre pays (...) soient autorisés à entrer, mais pas les gens qui veulent nous détruire", a expliqué Trump.

130 entreprises se joignent à la plainte contre le décret

Facebook, Google, Microsoft, Twitter et Apple ont déposé dans la nuit de dimanche à lundi une requête en justice dénonçant les "dommages" causés par ce texte. Au total, près de 130 entreprises, basées en majorité dans la Silicon Valley, se sont jointes à la plainte contre ce décret signé le 27 janvier, dont celles du milliardaire Elon Musk.

La lettre des entreprises ("amicus brief") dénonce une rupture avec "les principes d'équité et de prédictibilité qui ont régi le système de l'immigration aux Etats-Unis depuis plus de cinquante ans", et les "dommages importants pour le commerce américain, l'innovation et la croissance" qui en découlent.

Côté politique, plusieurs hauts responsables de l'administration démocrate sortante, dont l'ex-secrétaire d'Etat John Kerry et l'ex-directeur de la CIA et secrétaire à la Défense Leon Panetta, ont aussi demandé le maintien du blocage d'un décret "mal conçu, mal mis en oeuvre et mal expliqué".

Un malaise ressenti jusque dans le camp du président lui-même, d'autant qu'il s'est livré à une attaque en règle contre le juge James Robart, le qualifiant de "pseudo-juge" et l'accusant de sacrifier la sécurité du pays. Mitch McConnell, chef de file des républicains au Sénat, a tenté de temporiser dimanche en expliquant que la justice faisait son travail et s'est démarqué du décret, craignant notamment que sa rédaction trop vague ne laisse la porte ouverte à "un test religieux".

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