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Le Gabon est-il réellement un eldorado pour les PME marocaines ?

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Gouvernement du Gabon
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COOPERATION – Saturation des marchés, balance commerciale déficitaire, normes rédhibitoires, relations diplomatiques tendues…L’Europe offre de moins en moins de perspectives aux exportateurs marocains. Mais au sud du Sahara, des opportunités alléchantes s’offrent à eux, notamment au Gabon.

"Allié historique du royaume, le Gabon et son économie florissante peuvent devenir une destination de prédilection pour les PME marocaines", indique Maryse Ivala, conseillère économique, chargée des affaires commerciales de l’ambassade du Gabon au Maroc, lors d’une conférence organisée par la Chambre française de commerce et d’industrie du Maroc (CFCIM). Les entreprises de taille moyenne sont donc aujourd’hui invitées à s’intéresser au pays d’Ali Bongo, les mastodontes de l’économie ayant déjà défriché le marché.

En effet, le Maroc est devenu le plus grand fournisseur d'internet et numéro deux de la téléphonie mobile au Gabon du fait du rachat de Gabon Telecom. La troisième banque au Gabon, l'Union gabonaise des banques (UGB), a pour sa part été rachetée par le groupe marocain Attijariwafa Bank. A cela on peut ajouter l’exploitation du bois, de l’or, le transport maritime et aérien avec la Royal Air Maroc et la construction d’une usine de ciment d’une capacité d’un million de tonnes l’an.

Mais si ces géants peuvent s’aventurer au-delà de leur périmètre de sécurité juridique, les PME ont quant à elles besoin de plus de garanties. Les questions posées lors de la rencontre organisée par la CFCIM, notamment celles relatives aux boucliers d'investissements, sont d'ailleurs symptomatiques de cette frilosité.

Intégrer l’OHADA, une première nécessité

Adhérant à l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA), le système juridique et fiscal gabonais privilégie souvent les entreprises originaires des pays membres de l’organisation, notamment en matière d’incitations et d’exonérations de charges. Cette invitation en filigrane de la conseillère économique de l’ambassade est d’ailleurs révélatrice de la nécessité d’adhésion à l’OHADA afin de faire "pleinement bénéficier les entreprises marocaines des facilitations juridiques gabonaises".

Cette garantie est d’ailleurs d’une importance cruciale au vu du rapport COFACE concernant le pays. Sur la base d’une évaluation des risques d’impayés présentés par les entreprises et la qualité de l’environnement des affaires, le spécialiste mondial de l’assurance-crédit et des risques commerciaux, dans son baromètre risque-pays de 2016, a descendu le Gabon de la catégorie B (sous surveillance négative) à C (évaluée comme élevée).

Une situation économique qui se dégrade…

"La chute des cours et de la production d'or noir freine les capacités d’investissement de l’Etat et ralentit l’effort de diversification et de modernisation de l’économie entrepris par les autorités dans le cadre du Plan Stratégique Gabon émergent (PSGE)", explique Mehdi Arifi, Directeur commercial de COFACE Maroc.

En effet, le pays se trouve confronté à un déclin progressif de sa production d’or noir du fait de l’épuisement de ses réserves de brut. La production tend à décliner depuis près de vingt ans et devrait continuer à reculer dans les années à venir, même si l’amélioration des techniques d’extraction et la découverte de nouveaux gisements de taille modeste sont susceptibles de limiter l’ampleur de la baisse.

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