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Comment Casablanca veut se protéger contre les inondations

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Casablanca: Le Super Collector Ouest est sorti de terre | DR
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AMÉNAGEMENT - Protéger la ville de Casablanca contre les crues d'Oued Bouskoura. C'est la vocation du Super Collector Ouest, un tunnel souterrain de presque six kilomètres de longueur et 5,5 mètres de diamètre, censé protéger la ville d'éventuelles inondations en cas de fortes précipitations et dont les travaux d'excavation viennent d'être achevés.

Le projet en question a été présenté à la presse lundi 6 février, en présence des autorités locales, des maitres d'ouvrage et des ouvriers qui ont travaillé sur le chantier.

Selon Casa Aménagement, la société de développement local (SDL) chargée de l'aménagement et du développement urbain de Casablanca, il s'agit d'une "première au Maroc".

"C'est la première fois qu'un ouvrage de cette envergure est réalisé au Maroc, dans le centre-ville et dans un milieu très dense comme la ville de Casablanca", renchérit Driss Moulay Rachid, directeur de Casa Aménagement.

Une déviation du lit naturel de l'eau

"Nous avons respecté nos délais et notre budget. L'ingénierie est marocaine. Certes, c'est une entreprise turque (Ndlr, Makyol chargée des travaux), mais elle a mobilisé 250 employés dont 14 Turcs et 1 Espagnol et 235 Marocains. On peut en être fier", poursuit-il.

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Le coup d'envoi du projet avait été donné par le roi Mohammed VI en octobre 2014. Les travaux d'excavation du tunnel, eux, ont démarré en juin 2015, avec une moyenne de 20 mètres linéaires creusés par jour.

"Toute la problématique des inondations sera maintenant derrière nous. Avant, quand il y avait des crues de cet oued qui passe par la route El Jadida jusqu'au boulevard Hassan II, les eaux débordaient. L'eau épousait donc normalement son lit naturel", explique au Huffpost Maroc, Driss Moulay Rachid.

"Maintenant, avec ce tunnel souterrain, on va pouvoir récupérer cette eau pour la rejeter directement en mer, entre le Morocco Mall et Sidi Abderrahmane. A travers cet ouvrage, on a procédé à une déviation du lit naturel de l'eau".

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L'achèvement du projet est prévu en mars 2017, avec une extension qui n'était pas prévue dans les plans initiaux. Selon le DG de Casa Aménagement, une décision a récemment été prise dans ce sens. "Dans le premier engagement, seuls 5.270 mètres de tunnel étaient prévus. Il s'est avéré par la suite qu'on pouvait rajouter 640 mètres, ce qui nous a permis de protéger 13 hectares de terrains inondables".

Des espaces verts et des terrains de proximité devraient être aménagés d'ici juin sur les terrains "récupérés" au profit de la population de Hay Hassani.

900 milions de dirhams

Au total, 900 millions de dirhams ont été consacrés à ce projet financé conjointement par la Commune de Casablanca (150 millions de dirhams),la Région de Casablanca-Settat (100 millions), l'Etat (120 millions), le Fonds de lutte contre les effets des catastrophes naturelles (120 millions) et les ministères de l'Intérieur (150 millions), de l'Energie, de l'eau et de l'environnement (75 millions), entre autres.

"C'est un ouvrage qui ne sera peut-être jamais utilisé, mais il est là et il est indispensable", assure Driss Moulay Rachid.

"Nous sommes devant un projet très important. Ce tunnel va protéger la ville de Casablanca contre les inondations. C'est un projet énorme au niveau national et même continental, réalisé sur une longueur de presque six kilomètres et doté d'une technologue poussée", a commenté Abdelaziz El Omari, président de la Commune de Casablanca dans une déclaration au HuffPost Maroc.

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Hanane Tajani, gouverneur de Hay Hassani, Abdelaziz El Omari, président de la Commune de Casablanca et Khalid Safir, Wali de Casablanca.

Même satisfaction exprimée du côté de Mustapha Bakkoury, président de la Région Casablanca-Settat.

"Il va apporter d'abord ce pourquoi il a été fait, à savoir une protection certaine contre un risque d'inondation avéré de longues années et qui évidemment, s'il n'était pas traité, constituerait un frein sérieux au développement d'une bonne partie de la Casablanca et sa région. C'est aussi un moyen d'améliorer la qualité des eaux qui sont rejetées en mer et enfin c'est une opportunité de développement des territoires qui avant été inondés", a-t-il assuré.

Et sur le plan environnemental? Pour celui qui préside par ailleurs le directoire de l'Agence marocaine de l'énergie solaire (MASEN), "c'est forcément une bonne chose, puisque ça a été fait en tenant compte des impacts sur l'environnement".

Les dernières crues de l'Oued Bouskoura remontent à novembre 2010. Les inondations engendrées avaient alors provoqué la mort de plus d'une trentaine de personnes et des dégâts matériaux considérables.

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