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Abdelhanine Benallou, ancien directeur général de l'ONDA, sort de prison

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ABDELHANINE BENALLOU
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CARNET JUDICIAIRE – Il était au centre de l’une des affaires les plus emblématiques de détournements de fonds publics de ces dernières années. Abdelhanine Benallou, ancien directeur général de l’Office National Des Aéroports (ONDA), est sorti de prison hier mercredi 1er février, après avoir purgé sa peine de cinq ans de réclusion. Cette dernière avait été confirmée en appel le 11 mars 2015.

Diplômé de l’Institut Polytechnique de Toulouse, Abdelhanine Benallou a effectué une partie de sa carrière au sein de la fonction publique et développe en parallèle une expertise dans le domaine des énergies renouvelables, créant au milieu des années 80 un cabinet privé spécialisé. À la fin des années 90, il est nommé à la tête du Centre des Énergies Renouvelables, le CDER.

En 2003, c’est la consécration pour Benallou qui prend la tête de l’ONDA, et est chargé dans la foulée de mettre à niveau cet office ronronnant qui doit accompagner la stratégie touristique du Maroc. Menée tambour battant, sa réforme de la "vieille dame" des aéroports marocains le met au centre de l’agenda médiatique national. À la différence de ses prédécesseurs, Benallou communique de manière intensive sur son programme de développement de la capacité aéroportuaire marocaine, qui doit se préparer à doubler le nombre de voyageurs accueillis en cinq ans.

Et c’est précisément l’un des chantiers phare de l’ONDA, l’extension du hub de Casablanca — toujours pas achevé — qui sera à l’origine du début de ses ennuis. Procédures administratives non respectées, soupçons de détournements de fonds, dilapidation des deniers publics, et appels d’offres "arrangés", un rapport de la cour des comptes publié en 2008 cloue au pilori l’ancien gestionnaire de l’Office et accélère sa chute. En avril 2011, il est mis en examen, puis incarcéré en détention préventive en Février 2012.

Son procès, aux côtés de l’un de ses adjoints Ahmed Amine Barkallil, tient en haleine le tout Casablanca et Rabat, qui voient dans cette affaire un symbole de la nouvelle politique de fermeté déployée par l’État à l’encontre des hauts fonctionnaires soupçonnés de détournements de fonds publics.

Tout au long de cette saga judiciaire, Benallou aura clamé son innocence, arguant du fait que l’ensemble des procédures avait été respecté, et que son conseil d’administration, présidé par le ministre du Transport, en avait validé les principes.

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